Tel Aviv / Herzliya – Haute technologie, grandes ambitions

Tel Aviv a fait de l’innovation sa priorité. Tout autour de la capitale économique israélienne feurissent les quartiers d’affaires comme Herzliya, des champs d’expérimentation high-tech pour une multitude de startup ingénieuses.

Où sommes-nous ? À tout juste une dizaine de kilomètres au nord de Tel Aviv, entre les eaux de la Méditerranée et l’asphalte de la route n°2 qui mène de la capitale économique d’Israël à Haifa. Nous sommes dans un lieu de contrastes où le repos total côtoie le travail acharné, entre les grands hôtels et les résidences cossues qui devancent la langue de sable et les bureaux high-tech de l’Industrial Zone. Nous sommes dans une ville de près de 85 000 habitants, dont le jumelage avec Hollywood souligne opportunément le statut un peu à part. Bref, nous sommes à Herzliya, au coeur de cette “Silicon Wadi” qui a donné au monde la messagerie instantanée et la clé USB et qui revendique la plus forte concentration de start-up à l’est de Palo Alto, des jeunes pousses telles le GPS communautaire Waze souvent rachetées à prix d’or par les géants californiens Google & Co.

Ces entreprises innovantes, on en retrouvera la trace tout au long des 60 kilomètres qui séparent Rehovot de Netanya en passant par Tel Aviv, Petah Tikva ou Ra’anana. Herzliya est au centre de ce chemin d’abondance ; la seule halte, peut-être, où le business effervescent n’éteint pas à sa marge une certaine douceur de vivre.

Pour savoir ce qui se produit tous les jours à Herzliya, il sufft de regarder les enseignes qui couronnent les vitres teintées des buildings de l’Industrial Zone. Microsoft, Adobe, Dell, Oracle, Gemalto, Matrix, Supercom : pas besoin d’être un geek pour comprendre que c’est l’informatique qui se taille la part du lion, avec un penchant particulier pour les entreprises oeuvrant dans la sécurité numérique. Mais les technologies de l’information n’ont pas l’exclusivité du parc où l’on retrouvera également des implants de Veolia Environnement, Merck ou encore 3M. Repères.

Herzliya

parc Hayarkon

Plan Tel-AvivS’y rendre

EL AL offre quatre à cinq vols quotidiens en semaine – deux seulement le vendredi et un le samedi – entre Paris et l’aéroport international Ben Gurion, situé à 15 km de Tel Aviv. La compagnie assure également quatre vols hebdomadaires depuis/vers Marseille. El Al offre de nombreuses possibilités aux passagers désireux d’agrémenter leur trajet sans pour autant supporter le coût d’un siège en classe affaires, en premier lieu la classe Economy Plus. Par ailleurs, l’option Preferred Seat permet de réserver les sièges les plus confortables de la classe économique. Enfin, El Al Upgrade propose de soumettre une enchère pour l’obtention d’un surclassement. Faites vos jeux ! Tél. : 01 40 20 90 90 Internet : elal.co.il

AIR FRANCE propose trois à cinq vols quotidiens entre Paris et Tel Aviv, quatre par semaine depuis Nice et trois depuis Marseille. Ces liaisons sont effectués en Airbus A320 triclasse, dont une Premium Economy. Tél. : 0820 320 820 Internet : airfrance.fr

Autres transporteurs sur la ligne : Transavia (transavia. com) et XL Airways (xl.com).

Aller à HerzliyaAller à Herzliya

Pour aller de l’aéroport Ben Gurion à Herzliya en taxi, compter environ 140-160 shekels (29-34 euros). Pour aller du centre de Tel-Aviv à Herzliya, compter environ 80 à 100 shekels (17-21 euros). Les moyens de transports publics entre les deux villes, train comme bus, ne sont ni pratiques, ni pléthoriques. L’option taxi est donc quasiment obligatoire pour les voyageurs, à défaut de louer une voiture sur place.

Hôtels

The Ritz-Carlton Herzliya

Herzliya s’est installée sur la carte du luxe hôtelier avec l’ouverture fin 2013 de ce Ritz-Carlton de 115 chambres, dont 82 suites. Les plus de l’hôtel : les vues sur la marina et la mer, le spa, les salles de réception baignées de lumière,

The Ritz-Carlton Herzliya

le restaurant Herbert Samuel, les étonnantes installations vidéo signées Eyal Landseman et, sur le toit, la piscine et son agréable pool bar. 4 Hashunit St. • Tél. : +972 9 373 5555 Email : wecare@ritzcarlton.com Internet : ritzcarlton.com

Dan Accadia

Un véritable resort urbain avec deux piscines, un spa, des courts de tennis, un jardin et une grande plage au pied de l’hôtel. Les 209 chambres ont été récemment rénovées, de la standard room à la suite présidentielle avec sauna privé et vue panoramique sur la mer. En complément, un restaurant de nouvelle cuisine casher : Accad. Herzliya Beach • Tél. : +972 3 740 8966 Email : accadia@danhotels.com Internet : danhotels.com

Daniel Hotel

Encore du haut de gamme avec grande piscine et vue sur la mer pour cet établissement renommé par ailleurs pour la qualité de son restaurant Hemingway. Trois étages sont réservés aux chambres Club, dont les clients bénéficient d’un accès gratuit au lounge, ainsi qu’au spa Shizen. 60 Ramat Yam St. • Tél. : +972 9 952 8282 • Email : res@tamareshotels.co.il Internet : french.tamareshotels.co.il

Tel Aviv

Neve Tsedek

Ordchid Okeanos

Un hôtel de 41 suites face à la plage, dans un immeuble où le verre laisse abondamment entrer la lumière. 50 Rama Yam St. Tél. : +972 9 961 6222 Internet : orchidokeanos.co.il

Sharon Hotel Herliya

Tout au nord d’Herzliya Pituach, en surplomb de la Méditerranée, le Sharon propose trois catégories de chambre (Superior, Deluxe Sea View et Deluxe Garden) avec vue sur la mer ou sur les jardins de l’hôtel. 4 Ramat Yam St. • Tél. : +972 9 952 5777 • Internet : sharon.co.il

Hotel Benjamin

Hotel Benjamin

On n’est plus vraiment les pieds dans l’eau, mais plutôt à deux pas des immeubles de bureaux dans cet établissement contemporain aux prix évidemment plus raisonnables que ceux de ses (lointains) voisins de la plage. 4 Hamada St. • Tél. : +972 9 973 6666 Internet : benjamin-hotel.co.il

Dans Tel Aviv

Pour ceux qui préfèrent séjourner à Tel Aviv plutôt qu’à Herzliya même, le front de mer, en surplomb de la Lahat Promenade, constitue le point de chute le plus couru. S’y succèdent de block en block les grandes unités de l’hôtellerie haut de gamme : Hilton, Herods, Crowne Plaza, Renaissance, Sheraton, Intercontinental…

Carlton on the beach

Carlton on the beachParmi toutes les propositions qui s’alignent en bord de mer, le Carlton on the beach se distingue nettement. Parce qu’il donne directement sur la plage, au pied de la marina. Parce qu’il a été entièrement rénové l’an passé et y a gagné quelques nouveautés comme le restaurant Blue Sky, dirigé par le célèbre chef Meir Adoni. Parce qu’enfin, les vues sont exceptionnelles. Mention spéciale aux chambres des trois derniers étages dédiées aux clients Executive. Le Carlton propose également des services qui faciliteront la vie du voyageur d’affaires : check-in personnalisé – qui peut se faire dans la voiture venant vous chercher à l’aéroport – , location de voiture ou de vélo et WiFi gratuit. Une rareté sur le front de mer. 10 Eliezer Peri St. • Tél. : +972 3 520 1818 • Email : request@carlton.co.il Internet : carlton.co.il



Restaurants

Il y a deux options pour déjeuner ou dîner à Herzliya : soit au pied des bureaux, soit en bord de mer. Pour cette dernière solution, direction les grands hôtels (Herbert Samuel au Ritz-Carlton, Accad au Dan Accadia, Hemingway au Daniel Hotel…) ou les innombrables propositions de la marina (Nammos, Bistro 56, Lucca, Port…). Pour l’option “au pied des bureaux”, la scène se concentre sur deux pâtés de maisons délimités par les rues Arie Shenkar et Hamenofm.

Segev

Dirigée par le médiatique chef Moshe Segev, c’est l’adresse la plus élégante de l’Industrial Zone d’Herzliya. Au programme : cuisine créative et décor inspiré des ruelles de Neve Tsedek, le quartier “cool” de Tel-Aviv. 16 Hahoshlim St. Shenkar Corner. Tél. : +972 57 944 3318 Internet : www.segevchef.com



Max Brenner - Sebastian

Sebastian

La brasserie chic d’Herzliya, très prisée pour les déjeuners d’affaires. Le grand bar permet d’assurer le relais pour le reste de la journée. 33 Maskit St. • Tél : +972 9 951 3939 Email : sebastian@sebastian.co.il Internet : noirgroup.co.il

Meat Bar

Dans de vastes volumes, la double promesse de toute steakhouse qui se respecte : des viandes soignées et une carte composée d’excellents vins. 4 Ha’Sadnaot St. • Tél. : +972 9 954 6000

Mancini

Un restaurant italien sans façons, mais avec une terrasse pour les beaux jours. Hamanofm 8 • Tél. : +972 9 950 5020 Internet : mancini.co.il

Etnika

Dans un cadre intime, un restaurant de cuisine orientale, avec un fort penchant pour le Maroc. 7 Shenkar St. • Tel: +972 9 951 1177

Kyoto

Il y a pléthore de restaurants japonais à Herzliya. Celui-ci propose le décor le plus soigné et la carte la plus variée. 7 Shenkar St. • Tél. : +972 9 958 7770

Ritz-Carlton - Giraffe

Giraffe

La déclinaison à Herzliya d’une chaîne née à Tel-Aviv. Le concept : de la cuisine panasiatique dans un décor “urbain”. 9 Hasadnaot St. • Tél. : +972 9 954 8355

Déjeuner express

Côté Industrial Zone comme côté marina, on trouvera un nombre conséquent de propositions pour un déjeuner sur le pouce avec une forte représentation de restaurants asiatiques comme Japanika (10 HaSadna’ot St.) ou Running Sushi (30 Maskit St.). Également populaire à Herzliya, le burger, au Burgus (11 Shenkar St.) ou Agadir Burger (9 Ha-Menofm St.). Pour une pause douceur, rendez-vous au Max Brenner Chocolate Bar (Hamenofm 8).

Dans Tel Aviv

Cordelia restaurant

Nir Zook est l’une des étoiles montantes de la gastronomie israélienne. Installé dans une ruelle du vieux Jaffa, son restaurant séduit par son décor et sa carte franco-méditerranéenne. Yefet 30, Jaffa • Tél. : +972 3 518 4668 Internet : www.cordelia.co.il

Messa

Quand le Japon rencontre la Méditerranée au coeur du grand quartier d’affaires de Tel Aviv. Intime et envoûtant. 19 Ha’arba’a St. • Tél. : +972 3 685 6859 Internet : www.messa.co.il

Mul-Yam

Totalement réaménagé, le port de Tel Aviv s’est rempli en quelques années d’une foule de restaurants et bars branchés. Mul Yam se distingue par la sophistication de son décor et la qualité de sa cuisine marine. Port of Tel-Aviv, Hangar No. 24 Tél. : +972 3 546 9920

Manta Ray

La promenade du front de mer est le lieu de peoplewatching le plus spectaculaire de la ville et Manta Ray est le point de

chute idéal pour en profiter. Alma Beach • Tél. : +972 3 517 4773 Internet : www.mantaray.co.il

Shopping

Arena Mall - Seven Stars

Arena Mall devant la marina, Seven Stars près de la route 2 : voilà pour les deux centres commerciaux d’Herzliya, qui ne se démarquent pas franchement de l’ordinaire d’un mall de banlieue. Le reste du parc commercial du quartier n’invite pas non plus à la pause shopping puisqu’on y trouvera essentiellement des magasins d’électroménager et des concessionnaires à la queue leu leu : Seat, Chrysler, Dodge, Suzuki, Peugeot, Citroën, Hyundai, Audi et enfn Cadillac pour ceux qui ont vraiment bien travaillé. Pour le reste, il faudra se replier vers le sud et Tel Aviv, entre les boutiques chics de la rue Dizengoff, les échoppes branchées de Neve Tsedek ou le marché aux puces du vieux Jaffa.

Bars / Sorties

Dire qu’Herzliya est l’exact reflet de la frénésie nocturne de Tel Aviv serait mentir. Il reste néanmoins quelques endroits choisis pour s’égayer après les heures ouvrables ; que ce soit sur la plage (Mona on the beach, devant le Dan Accadia) ou dans l’Industrial Zone : Mike’s Place (10 Sderot Aba Even St.), Inga (Galgaley Haplada 16), Bourbon Street (HaManofm 8)…

Mona on the beach

Services

Location de voitures avec chauffeur

IsraLimo • Tél. : +972 3 647 8265

Location de scooters

Motogo, 19-21 Tushiya st. • Tél. : +972 3 6811717 • Internet : www.motogo.co.il

Compagnie de taxis

Israeli taxi • Tél. : +972 54 232 3778

Centre d’affaires

Herzliya Ackerstein Towers A 9 Hamenofm St. • Tél. :+972 9 971 5600 • Internet : regus.com

Location d’appartements courte durée

Herzliya Marina Tél. : +972 544 421444 • Internet : herzliya-marina.com

Renseignements

Offce national israélien de tourisme Tél. : 01 42 61 01 97 Internet : otisrael.com

Un salon à King David Lounge

(aéroport international Ben Gurion)

King David Lounge

Du volume, de la lumière, des teintes douces et des matériaux élégants : dès l’entrée du King David Lounge d’El Al, le passager en transit sait qu’il va passer un moment agréable. D’autant plus que le salon, réparti sur deux étages avec une large vue sur les pistes, offre un panel assez étendu de services : ordinateurs, imprimantes, fax et scans, mais aussi sièges massants, Havana Club pour les fumeurs de cigare et même un spa Shinzen Tamares où l’on peut bénéficier gratuitement de 20 minutes de traitement. Autres attraits du King David Lounge : une expo photo permanente sur l’histoire d’El Al et un buffet particulièrement soigné mettant en valeur les saveurs méditerranéennes. La partie First du salon propose les mêmes services aux passagers de première classe avec, en prime, des fauteuils de très grand confort et un calme olympien. Une particularité à noter : on ne trouve pas de presse en libre accès au King David Lounge, mais l’hôtesse du salon peut vous fournir un voucher pour aller chercher votre journal au Steimatzky Bookstore voisin.



Si vous avez…

Une ou deux heures

Rejoignez la marina et la plage et son spectacle à toute heure entre le bal des bateaux, celui des oiseaux, la ronde des joggers et celle des joueurs de matkot, le beach-ball israélien. Pour pousser l’expérience marine un peu plus loin, plusieurs clubs proposent des sorties plongées dans les environs comme le Reef Diving Club, situé sur la plage du Dan Accadia.

Plage d'Herzliya

Un après-midi

C’est suffisant pour rejoindre Tel Aviv et faire une tournée express de ses principaux attraits : les immeubles Bauhaus de a rue Dizengoff, les terrasses du boulevard Rotschild, les ruelles de Neve Tsedek, les venelles antiques de Jaffa et, bien entendu, la promenade le long de la plage. Un bon moyen pour découvrir tout cela, c’est le vélo. Les loueurs sont nombreux et la ville a lancé en 2011 Tel-o-fun, sur le modèle du Vélib’ parisien. Parcourir la ville à bicyclette permet de prolonger sa visite vers le sud et les quais radieux de Jaffa ou vers le nord et les bords du canal Yarkon et le port de Tel Aviv. On pourra même poursuivre plus au nord jusqu’à … Herzliya par un chemin de terre aménagé le long de la côte. Éviter quand même de faire ce trajet en costume…

Lahat Promenade

Reportage et photos Georges Ainscough

New York : vers l’autre rive de l’East River

Economie – New start city

Fin 2013, New York a battu deux records avec quatre millions d’emplois et plus de huit millions d’habitants. Mais ce n’est plus seulement Wall Street, ou l’assurance, ou l’immobilier qui font son attractivité. Les hautes technologies et la douceur de vivre prennent le relais.

Fulton Street, au sud de Manhattan ; une monumentale cage de verre deviendra bientôt l’un des points névralgiques du trafic souterrain newyorkais. Malgré le traumatisme qui a secoué le Financial District lors du passage de l’ouragan Sandy en octobre 2012, les travaux de la station de métro se poursuivent. On n’arrête pas New York comme ça ! Sur l’ancien site de Ground Zero, le 4 World Trade Center est enfin opérationnel. C’est la première des nouvelles constructions, conçue par Fumihiko Maki, architecte japonais couronné par le prix Pritzker. Le One World Trade Center qui se termine est d’ores et déjà la plus haute tour des États-Unis. Et en 2015, les premiers locataires s’installeront derrière ses facettes miroitantes qui s’élancent à 1776 pieds – en référence à l’Indé pendance –, soit un peu plus de 540 m au-dessus de la canopée des autres gratte-ciel. La prestigieuse société d’édition Condé Nast en fait partie, qui délaissera son siège de Times Square.

C’est dans ce dynamisme débordant que New York vient d’établir de nouveaux records. En décembre 2013, on comptabilisait quatre millions d’emplois tous boroughs confondus (Manhattan, Brooklyn, Queens, Staten Island et Bronx). “Cela n’était jamais arrivé, même dans les années 60, quand la ville était au comble de sa prospérité”, explique Michael Moynihan, chef économiste à la New York City Economic Development Corporation (NYCEDC). Depuis 2009 et la fin de la “grande récession”, le nombre d’emplois ne cesse d’augmenter chaque mois. En parallèle, la population vient d’atteindre les 8 336 697 âmes. “New York attire de plus en plus, notamment depuis que l’économie de la ville ne se concentre plus uniquement sur la finance et les assurances, évolution que le nouveau maire Bill De Blasio semble vouloir consolider”, continue Michael Moynihan.

Vers l’autre rive de l’East River

Cette tendance a donné son élan à de nouveaux secteurs, notamment ceux des sciences appliquées et des hautes technologies, encouragés par le projet d’un gigantesque campus sur Roosevelt Island, fruit d’une collaboration entre la Cornell University et l’université israélienne de Technion. “L’ouverture d’une première phase devrait avoir lieu dans les prochaines années et fera de New York une capitale des hautes technologies”, reprend Michael Moynihan. Déjà, on recense 131 700 emplois directs dans un domaine qui progresse plus de deux fois plus vite que le reste du secteur privé. Mais la technologie n’est qu’une des facettes des nombreuses “industries créatives” forissant dans la mégapole. Le design au sens large, qui inclut aussi bien la mode que l’architecture, reste très présent grâce à des écoles comme Parsons School of Design, Pratt ou FIT qui forment environ 4 000 diplômés par an. 20 % d’entre eux créeront leur propre entreprise, dont 90 % seront établies à New York.

Car c’est ici que ça se passe. À Brooklyn, précisément. Si, pendant des décennies, les activités se sont concentrées à Manhattan, les quatre autres boroughs réclament aujourd’hui leur part de gloire. Premier à avoir tiré son épingle du jeu, Brooklyn est presque devenu une ville dans la ville. Les quartiers de Park Slope, Williamsburg et Dumbo ont déjà dépassé le stade de “l’hipstérisation”, bientôt suivis par celui de Bushwick. À Dumbo, sous le Brooklyn Bridge autrefois malfamé, les lofts de rêve et les entreprises innovantes s’épanouissent. C’est là que s’est installé Etsy, site de vente de mode en ligne qui fait fureur aussi bien en Amérique du Nord qu’en Europe. Ce type d’entreprise, qui débute de façon artisanale et explose rapidement, naît souvent sous l’impulsion d’une idée originale, typiquement new-yorkaise. C’est aussi le cas de Marimacho, une ligne de vêtements masculins pour les femmes.

Vers l’autre rive de l’East River

Brooklyn prend de la hauteur

À Brooklyn, les initiatives encourageant des entreprises de niche ne sont pas rares. Depuis la fin des années 80, le Brooklyn Army Terminal (BAT), un arsenal datant de 1918, accueille petites et moyennes entreprises dans de vastes espaces aux loyers abordables. Aujourd’hui, 34 000 personnes travaillent dans ce gigantesque vaisseau. Aussi bien de jeunes start-ups que des entreprises classées Fortune 500. Et ces initiatives ont certainement contribué au boom économique de Brooklyn : de 2002 à 2012, les emplois du secteur privé y ont progressé de 19,4 %. Bien plus qu’à Manhattan (8,7 %). Et les autres boroughs ne sont pas en reste. Sur la même période, selon le département du travail de l’état de New York NYSDOL, le Bronx a enregistré une hausse de 12,6 %, le Queens de 10,5 % et Staten Island un petit 6,7 %. Cette île languide, où l’on n’allait autrefois que pour la féérique traversée en ferry, connaît un début de renouveau. Depuis la réussite du stade des Staten Island Yankees au début des années 2000, d’autres projets se profilent. En 2015 devrait être inauguré le Staten Island Eye, roue géante qui rivalisera avec celles de Londres et Singapour.

Chaque borough cherche donc une façon d’attirer. Le Bronx surfe sur la vague du locavore – le “manger local” – et des produits alimentaires haut de gamme. On y ouvre même des fermes urbaines. “Cette tendance démontre qu’il y a un nouvel essor du secteur manufacturier, explique Andrea Moore, économiste à l’entité responsable du développement de New York NYCEDC. Même s’il ne représente que 3 % des emplois.

Car 60 % des jobs new-yorkais sont encore générés par les trois surpuissants moteurs des FIRE (Finance, Insurance, Real Estate – fnance, assurance, immobilier). Cependant, ce chifre est en recul. Alors qu’ils participaient pour 14 % des emplois du secteur privé en 1990, ils n’en représentaient plus que 9,3 % en 2013. “D’autres secteurs se développent, souligne Andrea Moore. New York est entré dans une véritable nouvelle phase.” Car la mégapole possède bien des richesses ; sa culture évidemment, mais sa qualité de vie aussi, de plus en plus grande d’ailleurs. Les améliorations en ce sens vont bon train : aménagement de parcs, de pistes cyclables, ouverture d’un nouveau tronçon de la High Line – cette coulée verte suspendue sur d’anciennes voies ferrées désafectées – à proximité du futur musée Whitney conçu par Renzo Piano et prévu pour 2015…

Tout change, et en mieux. Ce qui explique les 54,3 millions de visiteurs en 2013, qui ont généré un impact économique de 58,7 milliards de dollars selon l’office de tourisme NYC & Company. Et cette attractivité ne laisse pas les Français indiférents. “New York est un modèle pour les grandes entreprises hexagonales, notamment dans le domaine du retail, explique Caroline Durakovic, conseillère export à Ubifrance New York. Ici, on ne se contente pas de vendre un produit, on offre une expérience, un rêve.” Le rêve new-yorkais, celui qui mène à de grands et beaux départs…

Reportage Cécile Balavoine