Le business travel allemand ciblé par Moxy Hotels

Un autre établissement Moxy est prévu à Francfort en 2017
L’hôtel Moxy Frankfurt Eschborn compte 176 chambres (DR)

Le marché allemand revêt visiblement une importance cruciale dans la stratégie d’expansion européenne de Moxy, l’enseigne lifestyle dévoilée en 2013 par le groupe hôtelier Marriott. Après avoir inauguré en avril dernier à Munich une adresse stratégique pour les voyageurs d’affaires, sur le site de l’aéroport, c’est au tour de Francfort de se doter d’un établissement Moxy. Francfort, ou plus précisément Eschborn à une quinzaine de minutes de route au Nord-Ouest de la métropole allemande, accueille donc désormais un nouvel hôtel de 176 chambres. Parmi les points forts du Moxy Frankfurt Eschborn, on retiendra notamment l’offre de restauration proposée en self-service 24h / 24 et sept jours sur sept. Les voyageurs d’affaires pourront s’y réapprovisionner en spécialités locales – Spätzle et Sauerbraten, notamment – en café et en jus frais, quel que soit leur planning. Le nouvel établissement inauguré cet été est également doté d’une salle de réunions flexible, qui bénéficie d’un accès à la lumière naturelle.

Le positionnement moderne de la marque, qui se veut centrée sur les nouvelles génération de voyageurs avec une touche décalée, se retrouve d’ailleurs jusque dans cet espace meetings. La table de réunion peut se transformer en jeu de palet, pour faire une pause ludique entre deux brainstormings… « Les hôtels Moxy sont en mission pour repenser l’expérience de l’hôtel (…) et mettre l’accent sur les services que les « millénaires » attendent le plus », souligne Vicki Poulos, directeur de la marque Moxy Hotels. Moxy n’en restera pas là en Allemagne, et réalisera même bientôt la passe de trois : la marque du groupe Marriott s’implantera dès cette année à Berlin Ostbahnhof, avant de récidiver à Francfort dans le courant de l’année prochaine. L’aéroport d’Aberdeen verra lui aussi atterrir un représentant de l’enseigne dès cette année, tandis que Londres, Oslo et Vienne seront les prochaines destinations à rejoindre le catalogue européen de Moxy dans le courant de l’année 2017.

Brexit : l’hôtellerie britannique fait de la résistance

DR
L’hôtellerie britannique résiste au Brexit selon Trivago.fr

L’hécatombe post-Brexit annoncée outre-Manche n’aura pas véritablement touché l’hôtellerie britannique. C’est en tous cas la conclusion d’une étude publiée le 16 août par Trivago. La plateforme de réservations hôtelières – plutôt orienté grand public que voyage d’affaires – a passé au peigne fin le tarif moyen des nuitées, et surtout leur évolution du 9 juin au 6 juillet. La courbe décline effectivement dans les différentes métropoles britanniques à partir du 23 juin – jour du référendum et de la victoire du « Leave » – le phénomène s’expliquerait principalement par l’impact boursier du Brexit, comme l’explique Trivago dans son étude : « le prix de la nuitée en Livre Sterling est resté stable après le « Brexit », mais le jeu des taux de change a augmenté le pouvoir d’achat des Européens, rendant les prix en euro plus attractifs », résume le communiqué. Un impact d’autant plus limité qu’il ne sera pas éternisé : « Cette baisse tarifaire est néanmoins restée ponctuelle : après quelques jours de baisse, les tarifs hôteliers se sont rapidement stabilisés et étaient même en hausse à Édimbourg » indique Trivago.

DR Trivago
Évolution des tarifs hôteliers dans les capitales britanniques selon Trivago

Pourtant, le comparatif des mois d’août 2016 et 2015 met en exergue un recul sensible des tarifs moyens pratiqués à Londres (168 euros, contre 213 euros l’an passé soit plus de 20% de baisse), à Cardiff (102 euros au lieu de 125 euros), à Belfast (134 euros contre 150 euros) ainsi qu’à Édimbourg (238 euros contre 271 euros).

Trivago.fr souligne par ailleurs la baisse de popularité de Londres auprès des voyageurs français. En un an, la capitale britannique a été reléguée du 2ème au dixième rang des destinations privilégiées par le public français. La Grande-Bretagne demeure néanmoins la septième destination générant le plus de recherches sur la plateforme de réservation, en totalisant 2 % des requêtes : un chiffre supérieur à celui des Etats-Unis, selon l’étude Trivago.

Rencontre : Caroline Fontaine, responsable marque et publicité Air France

Comment Air France conçoit-elle l’expérience en vol ?

Caroline Fontaine – On travaille à tous les niveaux pour faire de ce moment l’expérience la plus agréable, la plus confortable possible. Cela commence par la vidéo de bord des consignes de sécurité. En quoi a-t-elle un rapport avec le confort du passager ? Le ton du message sert justement à mettre notre passager à l’aise. Il procède à la “désintimidation” du passager. Ensuite, nous travaillons beaucoup à l’harmonie des couleurs, aux lumières, aux ambiances des cabines, y compris en classe économique. Le design, les sièges, les tissus : tout doit contribuer à l’émotion, au bon souvenir du voyage.

Les couleurs sont-elles vraiment importantes ?

C. F. – Les couleurs forment cette identité intrinsèquement française, ce supplément d’âme qui fait la différence d’une marque. Nous déclinons la couleur bleue – notre couleur identitaire – à travers nos édredons, couvertures et têtières. Nous continuons d’évoluer avec des projets de nouvelles séries ornementales au design très français. On joue aussi beaucoup sur la texture des tissus, plus souple, plus douce. Enfin, les accessoires eux-mêmes renforcent notre identité. Par exemple, avec ce petit miroir loupe intégré en classe affaires ou cette vaisselle en porcelaine où se dessine le logo Air France, un hippocampe modernisé. Le repas est au coeur de l’art de vivre à la Française.

Comment adapter l’ambiance cabine au bien-être des passagers ?

C. F. – Après les couleurs et le service, il y a aussi la musique, les jeux de lumière. La lumière permet en fait d’accompagner le temps de vol – repas, travail, repos, atterrissage ou décollage –, mais aussi d’aider à la gestion du décalage horaire. Quant à la musique d’ambiance, elle aide aussi à l’état psychologique du voyageur.

A lire aussi dans ce dossier : Design : Réenchanter l’expérience aérienne

L’axe Belgique-Inde reprend du service avec Brussels Airlines

DR Brussels Airlines
Brussels Airlines relance les liaisons directes entre l’Inde et la Belgique

Depuis le déménagement du hub européen de Jet Airways vers Amsterdam, au mois de mars dernier, les voyageurs d’affaires belges ne disposaient plus d’options directes pour rallier le marché indien et ses opportunités économiques. Une lacune que Brussels Airlines s’apprête à combler à partir du mois de mars prochain, avec le lancement d’un nouveau vol entre Bruxelles et Mumbai. « Après le départ, au début de cette année, d’un acteur indien majeur à Brussels Airport, nous prenons nos responsabilités en tant que compagnie aérienne nationale et important moteur économique de notre pays », explique Bernard Gustin, CEO de Brussels Airlines. L’aéroport de Chhatrapati Shivaji Mumbai deviendra ainsi la première destination asiatique desservie par le transporteur aérien.

DR Brussels Airlines
Cinq vols par semaine seront lancés au mois de mars

Pour ce faire, Brussels Airlines intègre à sa flotte un dixième Airbus A330 doté d’une classe Business, d’une classe Economy mais aussi de la nouvelle classe Economy Privilege. Cinq vols seront assurés chaque semaine par Brussels Airlines, qui n’a pas encore précisé les jours ni les horaires d’opération. On sait néanmoins que les billets seront commercialisés dès la rentrée, en septembre prochain, et que la compagnie nourrit de grandes ambitions sur cet axe : « La demande pour des vols directs au niveau du transport de passagers et de fret est importante », note Lars Redeligx, Chief Commercial Officer de Brussels Airlines. « En termes de nombre de passagers, Mumbai représente, avec ses plus de 50.000 passagers par an, la troisième plus importante destination intercontinentale au départ de la Belgique. En plus, avec cette nouvelle liaison, nous offrons à nos passagers de parfaites correspondances entre Mumbai et le reste de l’Europe via Bruxelles » ajoute-t-il.

Brussels Airlines pourra s'appuyer sur son partenaire Air India
Brussels Airlines pourra s’appuyer sur son partenaire Air India

Le business travel est clairement ciblé par Brussels Airlines avec l’inauguration de cette nouvelle ligne : « Pendant la prochaine saison d’été, nous proposons aux entreprises, à l’industrie du voyage et au secteur diamantaire des vols directs entre les deux pays », souligne d’ailleurs Bernard Gustin, qui évoque « un important investissement dans l’expansion du réseau de Brussels Airlines et dans les relations économiques de la Belgique avec l’Inde ». Au-delà de Mumbai, la compagnie belge entend également s’appuyer sur Air India, son partenaire chez Star Alliance, pour proposer des correspondances vers les autres régions de l’Inde.

Oman Air accélère encore à Paris

DR Oman Air
Oman Air passe en vol quotidien sur l’axe Paris CDG – Mascate

Oman Air desservira reliera bientôt quotidiennement Paris et Mascate. La compagnie aérienne vient d’officialiser la densification de son catalogue français, qui se traduira par une augmentation de 29% de son offre en termes de capacité par rapport à 2015.

L’ajout d’un septième vol hebdomadaire débutera le 30 octobre prochain. Les voyageurs d’affaires pourront alors quitter l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle chaque jour de la semaine à 21h10, et rallieront Mascate à 7h20 le lendemain matin. Au retour, le Boeing 787-Dreamliner quittera le Sultanat à 14h30. Son arrivée en France est prévue à 19h35 le jour-même.

Présente à Paris depuis le mois d’octobre 2009, Oman Air est depuis la seule compagnie à proposer des vols directs entre Paris et Mascate. Le transporteur est depuis monté en puissance, progressivement, en ajoutant un cinquième vol hebdomadaire en octobre 2015, puis un sixième en mars dernier.

En plus des vols point à point proposés aux nombreux voyageurs d’affaires qui se déplacent à Mascate, Oman Air mise sur les correspondances proposées vers des destinations comme Abu Dhabi, Bangkok, Colombo, Dubaï, Doha, Delhi, Kuala Lumpur ou Manille. En outre, La compagnie aérienne s’élancer le 15 septembre prochain vers Najaf, en Iraq, à raison de quatre vols par semaine. Oman Air totalisera alors pas moins de 51 destinations dans 28 pays, mais voit déjà plus loin : le transporteur s’est fixé pour objectif de couvrir 75 destinations dans le monde d’ici 2020.

Etude Egencia : la politique voyages en questions

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L’étude Egencia analyse la perception de la politique voyages dans l’entreprise

A la fois cruciale pour l’entreprise et bien souvent frustrante pour le voyageur d’affaires, la politique voyages est régulièrement passée au révélateur d’études en tous genres, qui entendent concilier – ou réconcilier – contrôle et confort. C’est le cas d’un rapport publié cet été par Egencia, et intitulé “Policy vs. Policing: Ten Ways to Empower and Take Care of Your Travelers”.

Sans grande surprise, le nerf de la « guerre » demeure financier : pour 54% des voyageurs d’affaires interrogés à l’échelle internationale par Egencia, le coût du déplacement est le facteur auquel l’entreprise accorde le plus d’attention lors de la réservation. D’ailleurs, dans la grande majorité des cas (78%), le durcissement des politiques voyages au cours des dernières années aurait été motivé par la réduction des coûts. Il en résulte une certaine frustration de ses voyageurs, dans la mesure où seuls 38% d’entre eux considèrent que la politique voyages répond véritablement à leurs besoins.

Comme souvent, la conclusion est claire : la mise en place d’une politique trop stricte s’avérerait finalement contre-productive. En effet, selon l’étude Egencia, près d’un voyageur sur deux serait tenté de faire fi des règles de l’entreprise dans un cadre trop restrictif en termes de réservations hôtelières ou aériennes. Une donnée qui pousse l’agence de voyages d’affaires à considérer que « les entreprises ont l’opportunité de mieux refléter les désirs du voyageur tout en améliorant le respect de la politique voyages ». La TMC publie donc une infographie animée destinée à donner quelques « tuyaux » aux travel managers, et ciblant quatre champs d’amélioration : le choix, le confort, la sécurité et la communication.

Ces recommandations pourront au moins s’appuyer sur une valeur sûre : l’importance accordée par les salariés au voyage d’affaires et au « vrai » meeting, malgré la montée en puissance des nouvelles technologies. En effet, pour 86% des voyageurs d’affaires interrogés, rien ne vaut la rencontre physique, en termes d’efficacité et de productivité. La moyenne atteint même 90% dans des pays comme l’Australie, le Canada, la Chine, ou les Etats-Unis. Les deux tiers des voyageurs d’affaires interrogés (67%) estiment d’ailleurs qu’ils auraient moins de succès à leur poste s’ils ne voyageaient pas.

Location automobile : Le virage de la mobilité

Location automobile

Le changement est passé relativement inaperçu, et pourtant il témoigne d’une profonde mutation du secteur : en abandonnant à la mi-avril l’appellation de “loueurs courte durée” pour y substituer celle des “métiers de la mobilité partagée”, le CNPA (Conseil national des professions de l’automobile) n’a pas simplement opté pour un relooking cosmétique. Cette nouvelle dénomination révèle un véritable repositionnement des acteurs historiques de la location de voiture sous l’impulsion des nouveaux arrivants issus de l’économie collaborative. “Nous étions ‘mono-produits’ et nous voulons réunir tous les métiers : la location ‘traditionnelle’, l’autopartage, le covoiturage, mais aussi la location entre particuliers. Et bien d’autres encore qui vont se créer à court ou moyen terme…”, expliquait André Gallin, président de ces métiers de la mobilité partagée au sein du CNPA, lors du dévoilement de cette nouvelle identité. Et d’ajouter : “On assiste à une recomposition totale du marché. Tout est radicalement différent de ce qui existait voilà dix ou quinze ans. C’est un autre monde !” Un monde nouveau, hyper dynamique, où l’insolente croissance de l’économie collaborative suscite bien des vocations.

Loin de concurrencer frontalement les loueurs traditionnels, les spécialistes de l’autopartage, longtemps observés à distance, sont désormais accueillis comme des alliés objectifs. “L’autopartage nous aide à démocratiser la location sans cannibaliser nos volumes, assure Alexia Vitoux, responsable marketing et fidélité chez Avis. Les services sont finalement assez complémentaires. D’autant qu’en ce qui concerne la clientèle affaires, nous voyons mal l’un de nos comptes abandonner la location traditionnelle pour choisir l’autopartage.” Et quand bien même les choses évolueraient en ce sens, les loueurs ont pris les devants en mettant en place leur propre service de “car sharing” – à l’image de DriveNow chez Sixt, dont le lancement est attendu en France – ou en rachetant purement et simplement un spécialiste déjà bien établi.

Avis Travel Partner
Tout en se positionnant sur l’autopartage avec l’acquisition de ZipCar, Avis renforce ses services aux voyageurs avec sa conciergerie “Avis Travel Partner”.

Les ponts entre les deux univers se sont ainsi multipliés au fil des partenariats, des prises de participation, voire des acquisitions. Europcar-Ubeeqo, Avis-ZipCar, Peugeot-Koolicar, SNCF-OuiCar : ces nouveaux tandems entendent répondre à une approche plurielle de la mobilité. De ce point de vue, le lancement par Ubeeqo, à Paris et à Londres, de la première plateforme de réservation multimodale incarne bien la réorganisation de l’offre. À travers une application “3 en 1”, les clients ont le choix entre trois options de transport : un service d’autopartage baptisé Matcha, une voiture avec chauffeur ou un taxi et, plus classiquement, une location de voitures. “Ce service insuffle une nouvelle conception de la mobilité en milieu urbain : plus libre, plus économique, plus simple, moins chronophage et plus écologique”, indique Didier Fénix, directeur général d’Europcar France, qui prévient : “l’offre de voitures en libre-service Matcha devrait d’ailleurs s’étendre progressivement à d’autres capitales européennes”.

Parallèlement, certains acteurs s’aventurent sur des voies originales, par exemple en proposant aux voyageurs d’affaires de louer leur véhicule pendant leur déplacement à l’étranger et de bénéficier, en échange, d’une place de parking gratuite. C’est le cas de la start-up française TravelerCar, qui étend sa présence dans les aéroports et les gares, monte en puissance en étendant son réseau vers le Benelux, la Suisse ou encore les DOM TOM, tout en ayant racheté son concurrent Carnomise. De son côté, Drivy, un autre acteur de la location entre particuliers, a joué lui aussi la carte de la consolidation en acquérant certains de ses concurrents, d’abord en France puis à l’échelle européenne.

C’est justement dans ce secteur que l’on trouve le “caillou dans les chaussures” des loueurs traditionnels. Car la location entre particuliers monte lentement, mais sûrement en puissance. Selon les chiffres publiés par le cabinet GMV, 5 % des personnes interrogées auraient eu recours à ces sites l’an passé. Le chiffre est stable par rapport à 2014, mais le volume de locations a quant à lui été multiplié par trois, atteignant désormais 3 % du marché. Interrogés par GMV, ces locataires d’un genre nouveau ne citent le prix qu’en troisième position de leur motivation. Contrairement aux idées reçues, ils seraient davantage attirés par la proximité et la convivialité de ce type de location.

Enterprise Rent-A-Car
À côté de sa marque fanion, Enterprise Rent-A-Car segmente son offre avec le développement de son enseigne loisirs Alamo et de sa marque National, essentiellement destinée à la clientèle affaires.

Nouveaux besoins de mobilité

Le CNPA ne se dit d’ailleurs pas fermé à l’idée de collaborer avec les têtes de file de l’économie collaborative. “Au lieu de combattre cette nouvelle économie comme certains le font, constate André Gallin, nous nous asseyons autour d’une table et nous cherchons des solutions. Nous ne les avons pas encore trouvées, mais nous y travaillons”. Le principal point de blocage porte sur le seuil de déclenchement de la fiscalisation, les loueurs traditionnels plaidant pour le chiffre de 5 000 euros, toutes activités collaboratives confondues.

En attendant cette possible conciliation, les loueurs travaillent sur leurs offres respectives pour réaffirmer leur valeur ajoutée, condition impérieuse pour faire la différence sur un marché stable. Ainsi, Europcar planche sur l’innovation et a même mis en place un “Lab”, dont l’objectif est “d’élaborer de nouvelles solutions autour des récents besoins de mobilité”, selon Didier Fénix. “Son mode de fonctionnement de type start-up lui donne de l’agilité et nous testons ces concepts auprès de certains de nos clients affaires, avec la possibilité de les développer en fonction de leurs retours”, précise-t-il. Même quête de l’innovation chez Avis qui, depuis plusieurs années, explore différentes pistes pour proposer de nouveaux services, dédiés notamment à la clientèle affaires. Ce fut le cas avec le WiFi embarqué qui commence à trouver son public. “Ce service a eu un peu de mal à décoller, mais une fois nos équipes formées pour conseiller les locataires, et surtout une fois réglés certains problèmes techniques, l’accueil est très bon”, remarque Alexia Vitoux chez Avis. Depuis l’été 2015, Avis propose un autre service utile aux voyageurs d’affaires avec une offre de conciergerie baptisée “Avis Travel Partner”. Moyennant un forfait quotidien, elle intègre différentes prestations comme la mise en relation personnalisée avec un restaurant, l’accompagnement en cas de perte d’un bagage, et même un service de traduction par téléphone.

Avis ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, d’autres développements étant d’ores et déjà en cours. Le loueur est notamment en contact avec les constructeurs automobiles pour développer le concept de voiture connectée. Ainsi, le système OnStar, mis au point par Opel, intéresse le loueur en permettant par exemple de localiser le véhicule et de porter assistance au conducteur en cas de besoin. Une autre innovation devrait voir le jour dès la rentrée prochaine : “Un grand projet, encore confidentiel, sera expérimenté cet été avec 250 clients, puis dévoilé en septembre”, prévient ainsi Christine Giraud, directrice des ventes agences de voyages. Les responsables d’Avis maintiennent le suspense, mais évoquent “un tout nouveau concept” qui passera par “la digitalisation du parcours client”.

Ce fameux parcours client demeure bien sûr une priorité, notamment vis-à-vis des voyageurs d’affaires, par essence pressés. Chaque acteur cherche de ce fait à accélérer le processus de location. C’est dans cette logique que s’inscrit l’offre Full Gold proposée par Hertz ou l’introduction par Sixt du service SmartStart à l’aéroport de Nice. Celui-ci permet aux détenteurs d’une carte Platinum de se rendre directement au parking, de choisir leur véhicule et de parapher leur contrat avant de partir au volant de leur voiture. Proposé dans 23 aéroports en Europe, dont six en France, le Priority Service offert par National – filiale d’Enterprise – est assez similaire : le passager peut rejoindre directement son véhicule de location – dont les clés sont sur le contact – sans intervention humaine, sur un parking dédié, baptisé “Emerald Isle”. “Dans la plupart des aéroports européens, et a fortiori dans les gares, les infrastructures ne permettent pas toujours de mettre en place un tel espace, rappelle Sylvie Roland, directeur des comptes stratégiques et des Services à la Clientèle chez Enterprise Rent-A-Car. Mais nous étudions la façon d’adapter en Europe le service proposé aux États-Unis.

L’autre dossier qui focalise l’attention des loueurs porte sur la segmentation de leurs produits. Récemment par exemple, Enterprise a repositionné son offre en accordant une attention toute particulière aux voyageurs d’affaires. “Nous sommes en pleine révolution depuis la reprise des marques National et Alamo en Europe, officialisée l’an dernier, rappelle Sylvie Roland. Ces deux marques vont être positionnées comme aux États-Unis, Alamo répondant aux attentes loisirs et National incarnant la marque premium affaires.” De leurs côtés, les autres loueurs s’attellent à couvrir la demande à travers leur vitrine Premium associée à une enseigne low-cost, à l’image d’Avis avec Budget, de Hertz avec Firefly ou d’Europcar avec InterRent.

Hertz
Dans de nombreux aéroports dans le monde – dont Orly, Nice et Lyon en France –, Hertz propose son service Full Gold, permettant aux voyageurs pressés de se rendre directement à leur voiture sans passer par la case agence.

Toute une chaîne d’acteurs

Cette différenciation du service est d’autant plus cruciale que la location d’un véhicule à des fins professionnelles mobilise toute une chaîne d’acteurs. Alors qu’un client loisirs commence à prendre l’habitude de réserver son véhicule depuis son smartphone, comme il le fait déjà pour un billet de train, une réservation affaires passe le plus souvent par le biais de l’agence de voyages. Et ce pour plusieurs raisons : du point de vue du voyageur, une réservation directe auprès de chacun des fournisseurs impliqués s’apparenterait bien souvent à un parcours du combattant, sans parler des modifications de dernière minute. Par ailleurs, le voyageur n’est pas le seul acteur impliqué, comme le rappelle Christine Giraud, directrice des ventes agences de voyages chez Avis : “Notre attention se porte à la fois sur le client final et sur le prescripteur. Les attentes du voyageur concernent le maillage géographique, la sécurité, la flexibilité et bien sûr la vitesse de traitement. Le prescripteur attend lui aussi ces différents éléments, en plus d’un reporting régulier et d’une aide au pilotage de la politique voyages. Il souhaite avant tout avoir la paix : moins il entend parler de son fournisseur, mieux il se porte !”.

Koolicar
La location entre particuliers commence à prendre son essor, à l’image de Koolicar.

Pour autant, les efforts menés auprès de la clientèle affaires ne suffisent pas à voir décoller le nombre des locations de voiture sur un marché français relativement mature. Qu’importe : les loueurs se plaisent à rappeler qu’une majorité de la population n’a encore jamais recouru à la location, garantissant ainsi une confortable marge de progression. Méthode Coué ou optimisme légitime ? Plusieurs facteurs peuvent effectivement plaider pour cette approche positive. À commencer par le renouvellement des générations. La bonne vieille “voiture à papa”, sacralisée et bichonnée chaque week-end, est tombée de son piédestal. Habitués par l’économie du partage à louer un appartement entre amis, les plus jeunes ne voient plus l’achat d’un véhicule comme une priorité, la piétonnisation des centres-ville ou les difficultés à trouver une place de parking s’ajoutant à cela. “Dans une grande ville comme Paris ou Londres, posséder un véhicule est un sacré challenge”, confirme Christine Giraud chez Avis.

Paradoxalement, le marché de la location pourrait aussi profiter de la montée en puissance des problématiques environnementales. La plupart des loueurs ont d’ailleurs développé avec plus ou moins de succès une offre électrique, à l’instar des Blue Car adoptées par Europcar qui permet de louer un véhicule électrique et de profiter à Paris des places de parking Autolib pour recharger la voiture. En attendant l’avènement de la voiture autonome, les loueurs semblent bien décidés à explorer toutes les voies pour assurer l’avenir d’un marché en pleine mutation.

Voyageurs d’affaires au volant : Enterprise allume le warning

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Manque de préparation, mauvaises pratiques : l’étude publiée par Enterprise sonne comme un rappel à l’ordre

Les voyageurs d’affaires seraient-ils moins responsables que la moyenne lorsqu’il s’agit de conduire dans un pays étranger ? C’est en tous cas une problématique que pointe du doigt une étude publiée cet été par Enterprise, le loueur de véhicules les désignant même comme les « mauvais élèves du code de la route ». Pour appuyer son propos, Enterprise Rent-A-Car s’appuie sur un sondage mené au mois d’avril dernier par l’Institut Research Now auprès de plus de 4 500 conducteurs en Europe, et quelque 1 000 conducteurs français ayant prévu de conduire à l’étranger durant l’été.

Il en ressort une méconnaissance flagrante des règles en vigueur à l’étranger. Par exemple, 20% des voyageurs d’affaires ne sauraient pas si les limites de vitesses sont indiquées en kilomètres ou en miles par heure selon le pays dans lequel ils se trouvent. D’ailleurs, à peine deux voyageurs d’affaires sur cinq se renseignent sur les règles de sécurité routières locales avant leur déplacement. Le manque de préparation des voyageurs d’affaires prêterait même à sourire, à la lecture de certains points de l’étude : « Sur les 70% qui affirment se préparer avant de devoir conduire à l’étranger pour le travail, un sur deux déclare que cela passe par le fait d’emporter ses lunettes de soleil (50%) », indique par exemple le communiqué…

Plus inquiétant, 50% des voyageurs ayant déjà conduit à l’étranger ont déjà été pénalisés pour une infraction routière et plus de la moitié des conducteurs (56%) ont été impliqués dans au moins un incident. Près de deux voyageurs sur dix (16%) avouent même avoir déjà conduit du mauvais côté de la route.

Le manque de préparation du déplacement n’est d’ailleurs pas le seul facteur de risque, les mauvaises pratiques des voyageurs d’affaires étant également pointées du doigt par cette étude. En effet, 27% des sondés auraient déjà utilisé leur téléphone au volant sans kit mains libres, 20% auraient rédigé un sms tout en conduisant, et un conducteur sur dix aurait même envoyé des e-mails…

Bonne performance pour les compagnies asiatiques AAPA

compagnies asiatiques AAPA

Selon les statistiques communiquées par l’Association des Compagnies Aériennes Asie Pacifique (AAPA), le premier semestre 2016 a vu une progression de 6,2% du nombre de passagers sur les lignes internationales des compagnies membres de l’association. Soit un total de 144 millions de passagers et un taux de remplissage de 77,9% en très légère hausse de 0,1 point. Commentant ces résultants, Andrew Herdman, Directeur Général de l’AAPA anticipe une continuation de cette tendance pour le reste de l’année : « la demande passagers reste positive, les consommateurs bénéficiant de tarifs bon marché et d’avantage de services, les deux stimulant la demande ».

L’AAPA représente 31 compagnies aériennes asiatiques parmi lesquelles Air New Zealand, All Nippon Airways, Cathay Pacific, China Eastern, China Southern, Japan Airlines, Korean Air, Garuda, Malaysia Airlines, Singapore Airlines, Thai Airways et Vietnam Airlines.

Thai Airways International confirme son expansion intercontinentale

Thai Airways

Thai Airways International semble en avoir fini avec sa traversée du désert. La compagnie thaïlandaise a confirmé l’expansion de son réseau intercontinental avec la reprise de certaines lignes abandonnées lors de sa restructuration en 2013 et 2014. Le transporteur national a ainsi annoncé son retour à Moscou au départ de Bangkok dès le mois de novembre à raison de quatre vols hebdomadaires. La compagnie va aussi reprendre ses vols sur Téhéran, destination qu’elle avait abandonnée en 1979, Thai projetant de desservir la capitale iranienne par trois vols hebdomadaires dès octobre.

Le transporteur, qui reçoit ses premiers Airbus A350, les mettra en service à l’automne sur l’Australie, notamment Melbourne. En 2017, Thai Airways a déjà annoncé que la livraison de nouveaux Boeing 787-900 lui permettra de reprendre ses liaisons sur les États-Unis. La compagnie thaïe avait suspendu ses lignes sans escale en 2011 et arrêté son vol Bangkok-Séoul-Los Angeles fin 2014, peu de temps avant la dégradation de la note de l’aviation civile thaïe par les autorités américaines. Anticipant un probable retour de son aviation civile en catégorie 1 l’an prochain, Thai a déjà des plans pour desservir les USA, Los Angeles en premier lieu, mais on parle également de San Francisco ou de Seattle.

Enfin, au plan régional, la compagnie prévoit d’augmenter le nombre de ses vols sur Jakarta et Manille afin d’optimiser son hub de Bangkok, sous-utilisé par rapport à d’autres grandes plates-formes de la région.