Voyages-SNCF à l’assaut des PME avec V.Pro

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Voyages-sncf.com lance son nouvel outil V.Pro

Partant du constat – aujourd’hui largement partagé – que la frontière entre vie personnelle et univers professionnel est plus ténue que jamais, tout particulièrement en matière de voyages, Voyages-sncf.com prend le tournant du bleisure. La plateforme de réservation lance son nouvel outil V.Pro, qui cible avant tout les voyageurs individuels et les collaborateurs des TPE-PME. Ceux-ci peuvent désormais gagner en souplesse à l’heure d’organiser leurs déplacements, qu’il s’agisse d’une réunion au Havre, d’un week-end en famille sur la côte d’azur, ou d’un séjour “mixte” à mi-chemin. Le tout au sein d’un seul et même espace accessible sur ordinateur et sur mobile.

Il suffit pour cela au voyageur d’activer gratuitement son profil Pro en un simple clic, puis de l’associer à sa carte de réduction ou à son programme de fidélité. Il étiquettera ensuite simplement ses futurs voyages pour les identifier dans les catégories personnelles et professionnelles, et y ajouter des commentaires le cas échéant. Le partenariat conclu par Voyages-sncf.com avec Concur facilite également la gestion des notes de frais, en permettant à l’utilisateur de faire remonter ses billets directement dans le système de notes de frais. En outre, un autre accord conclu cette fois avec Microsoft, permet aux voyageurs de réserver un billet de train en même temps qu’ils fixent un rendez-vous professionnel, et ce sans sortir de l’interface Outlook 365 grâce au widget dédié.

Atteindre 30% de clients professionnels à l’horizon 2020

« Il doit être aussi simple de gérer ses voyages d’affaires que loisirs ! », souligne Franck Gervais, Directeur Général de Voyages-sncf.com. « Après le renouvellement du parcours proposé à nos clients « loisirs », nous souhaitons offrir à nos clients utilisant nos services à titre professionnel, la meilleure expérience de voyage possible avec le lancement de « V.Pro ». Le déploiement de cette offre, principalement dédiée aux TPE et PME, représente un axe majeur de développement pour 2017. Les clients dits professionnels représentent aujourd’hui 20% de notre activité et nous avons pour objectif d’atteindre 30% à l’horizon 2020», précise Franck Gervais.

Pour ce faire, Voyages-sncf.com pourra bientôt s’appuyer sur une audience plus large. En effet, après cette première version de V.Pro orientée sur les besoins voyageur, une brique dédiée à l’entreprise viendra renforcer l’outil en 2017, dès le premier trimestre. Chaque entreprise pourra alors gagner en visibilité sur l’ensemble des trajets réservés via leur compte client.

Interview : Michel Dinh, Directeur Général de Havas Voyages

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Michel Dinh, DG de Havas Voyages

Comment est né le projet Havas Voyages Connect ?

Michel Dinh – Cette nouvelle solution est la résultante de toute la réflexion que nous avions sur le voyage d’affaires, qui est le cœur de métier d’Havas Voyages. 60% de notre activité est réalisée avec le business travel, principalement sur les TPE et les PME. Les budgets voyages que nous traitons vont de 50000 à 5 millions d’euros. C’est donc un scope assez large.

En quoi ce projet est-il lié à votre cession par CWT ?

M. D. – Notre projet de transformation de la distribution date de 2012. Nous l’avions présenté à Carlson Wagonlits Travel (CWT), notre ancien actionnaire, qui l’a trouvé plein de bon sens. Mais comme nous ne représentions que 3% de l’activité de CWT au niveau mondial, et qu’eux aussi avait abordé une phase de transition digitale très profonde, il n’ont pas souhaité financer ce projet. Nous avons donc fait appel à un financement externe, à travers l’opération de cession qui a eu lieu au 31 décembre 2015 et qui a abouti au rachat par Marietton Développement.

En quoi consistait ce plan stratégique ?

M. D. – Il s’agissait de mettre en place une transformation complète du réseau, à la fois physique et technologique, en s’appuyant sur quatre grands piliers : l’humain, qui est le socle de cette transformation puisque nous avions fait le choix de préserver notre réseau physique pour les PME comme pour les particuliers ; la technologie, car la qualité de nos hommes n’avait pas de sens sans ce volet, à la fois pour les particuliers et les entreprises ; le marketing ; et enfin la transformation du réseau, qui est un point de contact important pour nos clients existants, mais aussi pour le recrutement de nouveaux comptes TPE et PME. Chaque année, nous recrutons en moyenne plus de 30% des acquisitions annuelles d’Havas via notre réseau, et non par notre force commerciale “classique”. Cela crédibilise cette notion de proximité. Les petites entreprises ont souvent un ancrage local très fort, et même si la marque est très reconnue, la relation locale est l’un des arguments de choix. Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette réflexion : le monde de la banque de détail arrive aux mêmes conclusions et commence à aborder le marché de la même façon.

penser la solution d’aujourd’hui mais surtout celle de demain

En quoi est-ce une rupture ?

M. D. – Nous sommes allés à l’inverse de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. La réflexion que nous avons nourri avec nos clients, nos fournisseurs, nos utilisateurs en interne ou en externe s’est attachée à penser la solution d’aujourd’hui mais surtout celle de demain. Il s’agit de mieux coller à des usages clients qui se modifient en profondeur, de prendre en compte la porosité de plus en plus évidente entre les univers du BtoB et du BtoC. Un client ne comprend pas qu’on lui complique l’accès à du contenu via des outils professionnels trop complexe. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes tournés vers un fournisseur de solutions qui adopte le rythme d’évolution des comportements, en l’occurrence les équipes d’iAlbatros. Il s’agit d’aller plus loin dans l’agilité, dans la souplesse, mais aussi dans l’adaptabilité permanente. La seule conviction que nous avons, c’est que les choses vont continuer à évoluer, à travers des cycles d’innovation de plus en plus court. Et la structure de notre projet a pris en compte cet aspect pour être en mesure de faire évoluer l’offre. Notre obsession, c’est l’usage client. Il nous fallait un partenaire idoine pour répondre à ce défi. Nous l’avons trouvé et nous nous sommes tous mis en mode start up pour construire ensemble la solution Havas Voyages Connect.

Concrètement, quand est-ce que ce nouveau SBT arrivera chez vos clients ?

M. D. – Ce n’est pas un SBT, il s’agit d’un véritable outil de relation client qui simplifie la vie. Les premières implémentations de cette solution auront lieu le 15 décembre, et le processus s’étalera ensuite jusqu’au 15 janvier à travers plusieurs vagues de migration. L’accueil est déjà très positif chez les clients auxquels nous l’avons déjà montré.

Les équipes d'Havas ont travaillé avec celles d'iAlbatros pour "passer en mode start up"Les équipes d'Havas ont travaillé avec celles d'iAlbatros pour "passer en mode start up"
Les équipes d’Havas ont travaillé avec celles d’iAlbatros pour « passer en mode start up »

Le besoin de souplesse que vous évoquiez est-il d’autant plus impérieux que votre clientèle est majoritairement composé de PME ?

M. D. – Oui, effectivement. Il y a de vraies nuances entre les grands comptes et les PME-PMI, dans lesquelles c’est souvent celui qui décide qui voyage. Les dirigeants sont donc encore plus sensibles à ce problème de simplicité, car ils sont eux-mêmes décideurs et utilisateurs.

Que représentent aujourd’hui ce marché des PME dans votre clientèle et dans votre plan stratégique ?

M. D. – Les TPE-PME constituent notre marché cible. On compte aujourd’hui en France 3 100 000 PME. 676 000 d’entre elles voyagent, mais seulement 10% d’entre elles sont intermédiées, donc moins de 70 000 petites entreprises. Notre enjeu, c’est donc bien sûr de satisfaire le marché actuel, ces 70 000 entreprises qui travaillent déjà avec des agences de voyages, et éviter qu’elles ne se désintermédient alors que c’est la tendance actuelle. Mais la profondeur du potentiel est beaucoup plus importante chez les entreprises desintermédiées. Nous voulons donc aller chercher ces petites structures en leur expliquant qu’avec notre outil, en un seul clic, elles pourront gérer l’ensemble de leur parcours. La fluidité du parcours est cruciale : les entreprises achètent du temps, un gain de productivité. Tout particulièrement dans une PME qui est à flux tendu, qui voyage souvent en « best buy« , et toujours pour un retour sur investissement. Ce monde des PME s’est désintermédié parce qu’on a pas su leur parler comme elles l’attendaient, et leur proposer les outils dont elles avaient besoin.

le business model d’Havas Voyages repose sur deux jambes

Pensez-vous faire évoluer votre équilibre clientèle avec ce nouvel outil, en développant la partie corporate ?

M. D. – Non, le business model d’Havas Voyages repose sur deux jambes : les particuliers et les PME. Il y a une très forte porosité entre les deux marchés. Quand un client PME confie ses voyages d’affaires à l’une de nos agences, la confiance s’établit, et il a tendance à nous confier également ses déplacements à titre personnel. Nous avons donc besoin de ces deux activités complémentaires.

Quel regard portez-vous sur la relation entre voyage d’affaires et loisirs ?

M. D. – On voit bien que la porosité entre business travel et leisure arrive en France. C’est un vrai sujet pour toutes les TMC. Les clients affaires arrivent maintenant avec des applications comme Trainline d’autres outils issus du loisirs. Simplement parce que c’est ultra-simple, et qu’ils ne veulent pas se compliquer la vie ! Le comportement du voyage d’affaires est largement influencé par le monde des applications loisirs… C’est la source d’inspiration, et les voyageurs sont les mêmes.

Eurowings, source d’inspiration de la future Air France “Light” ?


Le projet Boost d’Air France pourrait s’inspirer de l’expérience réussie par Lufthansa avec Eurowings

La nouvelle mouture de Germanwings est née en 2013 pour reprendre les lignes point-à-point de Lufthansa – essentiellement en Europe -, à l’époque largement déficitaires. Une structure de coûts allégée, une flotte dédiée d’une soixantaine d’appareils (essentiellement Airbus A319 et A320) basée sur sept aéroports allemands dont les plus importantes bases sont Cologne/Bonn, Düsseldorf, Hambourg, Berlin Tegel et Stuttgart.

Le résultat est positif. En 2015, la filiale du groupe Lufthansa a réussi à atteindre l’équilibre économique sur ses lignes court/moyen-courrier en trafic de point-à-point, après au moins une décennie de pertes.

Après avoir assuré le transfert de l’ensemble des lignes court et moyen courrier – hormis à Francfort et Munich, les deux hubs du groupe – de Lufthansa à Germanwings entre 2013 et le début 2015, l’année passée a vu un nouveau développement d’Eurowings avec le lancement de lignes long-courrier au départ de Cologne/Bonn.

Les Caraïbes, les Etats-Unis, Dubaï et la Thaïlande ont été les premiers pays à être directement reliés par les Airbus A330 d’Eurowings, au nombre de sept au total. Comme sur le réseau court-courrier, les appareils offrent un produit bi-classe : une classe économique de type low-cost (vendus sur deux tarifs BASIC et SMART) et un produit équivalent à la classe Economy Premium sur Lufthansa. Les sièges et la configuration sont de fait les mêmes que sur la classe économique supérieure de la compagnie allemande avec un écartement de 115 cm entre sièges. Au milieu d’année, la direction de Lufthansa indiquait que le réseau long-courrier générait une forte demande et atteindrait également l’équilibre, sans toutefois donner davantage de précisions. L’objectif apparemment réussi est l’abaissement des coûts d’exploitation de 40% par rapport à une exploitation classique sur Lufthansa.

Entre janvier et septembre, Eurowings a ainsi acheminé sur l’ensemble de ses lignes 13,96 millions de passagers : un chiffre en hausse de 8,3% sur l’année précédente avec un taux de remplissage moyen de 80%. Le nombre de passagers sur les lignes long-courrier a atteint pour sa part 417 000 passagers avec un taux de remplissage record de 91,9%. En 2017, le concept long-courrier pourrait ainsi être étendu pour certaines lignes au départ de Berlin Tegel et de Hambourg.

tab-allemagne-tarifs-rogatortab-allemagne-tarifs-rogatorExpérience intéressante pour Air France : l’Allemagne est particulièrement sensible à la qualité de la marque. Après avoir été accueilli avec scepticisme sur certains marchés traditionnels d’affaires comme Düsseldorf ou Hambourg, la marque Germanwings/Eurowings s’est imposée. Selon une étude du cabinet de consultants Rogator qui juge l’impact de la compétition de Ryanair sur le trafic aérien allemand, Germanwings/Eurowings jouit d’une reconnaissance de marque de 86% – contre 96% pour Lufthansa et 79% pour Ryanair. Preuve que la compagnie est totalement acceptée par tous les marchés. D’autant qu’elle permet de combiner avec Lufthansa des avantages importants comme les programmes de fidélisation ou l’accès à un lounge pour le tarif « Best ».

L’aéroport de Francfort vient tout juste d’annoncer que Ryanair devrait commencer des vols au cœur du dispositif Lufthansa en 2017. Ryanair baserait l’an prochain deux appareils et desservirait quatre à cinq destinations dans la péninsule ibérique. Du coup, Eurowings pourrait encore étendre son influence. La direction de Lufthansa a annoncé que la compagnie point à point pourrait faire son entrée à Francfort en 2018 et jouer la complémentarité avec Lufthansa. Comme le souhaite Air France avec sa nouvelle compagnie « Light » à Roissy…

EUROWINGS EN CHIFFRES

  • 61 appareils à l’été 2016- 90 de prévu en 2017 avec l’intégration d’une trentaine d’avions d’Airberlin pris en leasing.
  • 13,9 millions de passagers entre janvier et septembre 2016, en hausse de 8,3%. Autour de 17 millions de passagers en 2016.
  • Taux moyen de remplissage de 80% entre janvier et septembre 2016
  • 130,595 vols entre janvier et septembre 2016, en hausse de 3,5%
  • Sept bases en Allemagne, deux bases en Autriche (Vienne et Salzbourg*) et une base en Espagne (Palma de Majorque*)
  • En France, Eurowings relie Berlin Tegel, Cologne/Bonn, Düsseldorf et Hambourg à Paris CDG, Lyon, Marseille, Nice et Toulouse. Paris CDG est relié par huit vols quotidiens à Düsseldorf, Berlin Tegel et Hambourg.

*Salzbourg à partir de janvier 2017, Palma à partir du printemps 2017

Trust Together : un coup de « Boost » signé Air France sur le long-courrier

Photo Florian Guillemin
Jean-Marc Janaillac, Pdg du groupe Air France KLM, entouré de Pieter Elbers (KLM) et Franck Terner Directeur général d’Air France

Les années passent, les plans se succèdent et leurs intitulés évoluent. Mais in fine, le défi du groupe Air France-KLM reste à peu près le même : réduire ses coûts tout en améliorant son produit. Une problématique complexe, voire insoluble diront certains… Comme Alexandre de Juniac avant lui, Jean-Marc Janaillac se lance donc dans cette course à la compétitivité, bien conscient qu’il lui faudra faire preuve d’agilité. En préambule de la conférence de presse organisée le 3 novembre aux Docks d’Aubervilliers, le nouveau patron du groupe a d’ailleurs évoqué un projet “à la fois ambitieux et réaliste. Baptisé “Trust Together”, celui-ci laisse penser à un « avenant » au précédent plan « Perform 2020 », dont les objectifs sont confirmés en matière de compétitivité.

une dizaine d’appareils d’ici 2020

La nouvelle feuille de route s’appuie sur 9 axes stratégiques. Jean-Marc Janaillac, entouré par Pieter Elbers (KLM) et Franck Terner – qui ne manqua pas de confesser “une ancienneté de douze heures à ce poste” de Directeur général d’Air France – les a détaillé un à un. L’activité cargo, la maintenance, l’utilisation optimisée des appareils – Air France devra rattraper sa cousine KLM quant à la durée moyenne d’utilisation d’un avion – figurent parmi les priorités du groupe. Mais c’est bien entendu le projet d’une nouvelle compagnie qui a retenu l’attention des médias internationaux. Le projet, temporairement nommé “Boost”, s’appuiera sur une dizaine d’appareils d’ici 2020. Ceux-ci décolleront depuis l’aéroport de Paris-CDG vers des destinations long-courrier, mais aussi moyen-courrier.

A la différence d’une compagnie comme Norwegian, qui a lancé ses vols entre Paris et les Etats-Unis durant l’été, les dirigeants d’Air France KLM refusent d’emblée de parler de “low-cost long-courrier”. Une étiquette pourtant accolée à la future compagnie avant même qu’elle n’ait été officiellement baptisée. « Lancer une Transavia long-courrier n’aurait pas eu de sens pour faire face à la concurrence des compagnies du Golfe« , résume Jean-Marc Janaillac.

Je sais qu’il était très attendu que l’on créée une compagnie low-cost (…)”, explique Jean-Marc Janaillac. “L’analyse de la situation nous a montré que les lignes les plus déficitaires d’Air France [à hauteur de 35%, contre 15% chez KLM, ndlr], n’étaient pas celles qui se trouvaient en concurrence avec les futures ou actuelles compagnies low-costs touristiques. (…) Là où Air France connaît les plus grandes difficultés, ce sont les lignes qui sont en compétition avec les compagnies du Golfe, (…) qui sont un mélange de voyageurs business et loisirs”. Le réseau de cette nouvelle compagnie ciblera donc les lignes les plus problématiques en termes de rentabilité – M. Janaillac évoquant 10% de liaisons “lourdement déficitaires” chez Air France – tout particulièrement en Asie du Sud-Est. 30% du réseau sera constitué de nouvelles lignes selon la feuille de route présentée ce jeudi.

Une flotte 100% connectée, un laboratoire d’innovation

Sans être low-cost, la nouvelle compagnie misera sur une configuration plus dense, supprimant – c’est logique – la Première et les sièges full access. Les appareils seront néanmoins dotés de sièges entièrement inclinables. Et le confort supérieur à celui des appareils qui ne sont pas encore dotés des nouvelles cabines Best d’Air France. En outre, ce projet “Boost” misera beaucoup sur le digital avec une flotte 100% connectée, et fera office de “laboratoire d’innovation”, préviennent les responsables du groupe.

Ce nouveau plan stratégique doit permettre à Air France KLM d’atteindre une croissance profitable de 2 à 3% sur l’activité long-courrier jusqu’à 2020. A cette date, toujours selon les prévisions affichées par les responsables du groupe, le chiffre d’affaires atteindra 28 milliards d’euros, pour 100 millions de passagers transportés sur une flotte de 435 appareils, hors avions régionaux.

Infographie : « dessine-moi le bureau de demain »

(DR Bird Office)
La végétalisation des espaces de travail occupe une place de choix dans les attentes des futurs managers (DR Bird Office)

Un petit coup d’Etat contre la « dictature du cool » : voilà comment l’on pourrait résumer sommairement l’un des enseignements à tirer de l’étude publiée par Ingrid Nappi-Choulet. Professeur titulaire de la Chaire Immobilier et Développement Durable, Ingrid Nappi-Choulet a interrogé quelque 400 étudiants de l’ESSEC (École supérieure des sciences économiques et commerciales) aux mois de mai et de juin 2016. Son axe de recherche : le bureau de demain imaginé par les futurs managers. Son référentiel : une enquête réalisée trois ans plus tôt par la Chaire Immobilier et Développement Durable de l’ESSEC, sur le même thème du bureau de demain. Un bon moyen, comme le souligne le préambule de l’étude, d’ »esquisser une distinction entre les effets de mode des tendances de fond, s’agissant des lieux du travail et de leur aménagement ». En effet, le modèle Google – défini comme « l’extrême inverse du bureau classique » – ne fait pas ou plus l’unanimité chez les étudiants. Près d’un tiers d’entre eux émettent des réserves à son endroit, et 12% se disent même opposés à ce type d’organisation. Ces réserves poussent les auteurs de l’étude à considérer que « La dictature du cool [est] désormais renversée ». Le modèle Apple, défini comme une bulle de travail dans un espace naturel, semble lui plus en vogue : près d’un étudiant sur quatre (23%) serait attiré par cette configuration, qui doit aboutir l’an prochain à Cupertino avec le nouveau campus d’Apple.

Si certaines modes sont cycliques, le théorème ne s’applique apparemment pas aux espaces de travail. En effet, le bureau traditionnel ne fait pas un come back fracassant chez les jeunes générations. Loin de là… Seuls 13% des sondés s’imaginent dans un environnement traditionnel, auquel sont pourtant habitués leurs aînés. Les grandes entreprises en quête de têtes bien pleines et bien faites devront donc rivaliser d’imagination pour repenser leurs espaces de travail. Et la tâche s’annonce ardue… En effet, les managers de demain plébiscitent le plus souvent (23%) « un lieu qui ne ressemble pas à un bureau» (sic).

70 % des étudiants s’imaginent travailler dans un tiers-lieu à la sortie de l’école

Dès lors, la notion de tiers lieux semble bien incarner la réponse à ces nouvelles attentes, dans la mesure où les étudiants de l’ESSEC restent attachés à la démarche de se rendre au bureau. Le home office, prôné par nombre d’entreprise, n’offre donc pas une solution idoine, la distinction entre lieu de résidence et lieu de travail restant cruciale pour la plupart des sondés. « 70 % des étudiants s’imaginent travailler dans un tiers-lieu à la sortie de l’école » souligne le résumé de l’étude. Un plébiscite à prendre avec précaution, car tout dépend du rythme des visites. Seuls un tiers des étudiants interrogés affirment souhaiter travailler régulièrement dans un tel espace, la moitié des sondés (51%) ne s’y projettent que de façon occasionnelle par peur du bruit et du manque d’interactions avec le « vrai » siège de l’entreprise. « Compliquée, la génération Y ? », s’interrogent logiquement les auteurs de l’étude… Indécise, au moins !

Difficile, donc, de répondre à ces subtilités organisationnelles. Mais une chose est sûre : le bureau de demain jouera un rôle de premier plan dans les ressources humaines, afin de recruter les meilleurs éléments. Les espaces de travail seraient déterminants pour 36 % des étudiants de l’ESSEC à l’heure de choisir leur futur employeur.

Les autres enseignements de l’étude réalisée par Ingrid Nappi-Choulet sont compilés dans cette infographie, à retrouver via ce lien :

Le bureau de demain selon les étudiants de l'ESSECLe bureau de demain selon les étudiants de l'ESSEC
Le bureau de demain selon les étudiants de l’ESSEC

NH Collection : le rêve américain commence par Mexico

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L’hôtel NH Collection Mexico City Reforma (DR David Uribe)

Oscar et Kris, les patrons de la petite échoppe “Dulce mezcal… y café”, n’ont pas bien compris l’agitation qui entourait mercredi dernier l’hôtel attenant : tapis rouge, dispositif son et lumières, et quelque 300 invités en tenue de gala étaient au rendez-vous de la Calle Liverpool, en plein cœur du quartier d’affaires de Mexico. Ils voient pourtant fonctionner le NH Collection Mexico City Reforma depuis déjà plusieurs mois, tout comme le faisait auparavant un établissement… NH. En apparence donc, rien de bien nouveau sous le soleil de Mexico. Et pourtant. Ce n’est pas un hasard si les responsables de NH Hotel Group ont tenu à célébrer en grande pompe cette inauguration, comptant même parmi leur panel d’invités Luis Fernandez-Cid de las Alas Pumariño, ambassadeur d’Espagne au Mexique, et Enrique de la Madrid, Secrétaire d’Etat au tourisme. En effet, cette ouverture acte l’arrivée de l’enseigne NH Collection sur le marché américain, et qui plus est dans une destination hautement stratégique. Le lancement de l’A380 d’Air France sur l’axe Paris CDG – Benito Juarez en témoignait déjà quelques mois auparavant.

De fait, cette nouvelle adresse devient donc le navire amiral américain de NH Collection, la marque premium de NH Hotels. Une vitrine logiquement choyée par les responsables du groupe, qui n’ont pas hésité à investir 7,6 millions d’euros dans cette adresse de la « zone rose », à quelques pas du Paseo de la Reforma où bat le cœur des affaires de Mexico City. Résultat : un relooking réussi et une montée en gamme qui devrait séduire la clientèle corporate régionale et internationale.

Le rouge et le blanc dominent logiquement la nouvelle décoration de l’hôtel, contemporaine et épurée. Dans chacune des 306 chambres, l’accent est mis sur l’ouverture et la luminosité, en limitant le cloisonnement des différents espaces. D’un point de vue fonctionnel, on retiendra les nombreuses prises électriques et ports USB mis à disposition, l’écran plat pivotant à 180 degrés de la chambre au coin salon, ainsi que la machine à expresso, ô combien précieuse avant un rendez-vous stratégique…

DR David Uribe FotografoDR David Uribe Fotografo
L’hôtel NH Collection totalise 306 chambres et suites au design moderne et épuré

La clientèle affaires – clairement ciblée par les standards de l’enseigne Collection – peut également compter sur une offre Meetings des plus solides, avec pas moins de dix salles de réunions dotées d’équipements high-tech, comme ces écrans plats tactiles et connectés. Le restaurant Obvio, installé au 1er étage, peut également accueillir des réunions informelles autour d’un déjeuner ou d’un dîner mixant spécialités locales et cuisine du monde. Et pour se détendre après une journée d’âpres négociations ou de tourisme d’affaires, une piscine chauffée a été installée au troisième étage de l’hôtel, en terrasse, ainsi qu’un centre de remise en forme.

David Uribe FotografoDavid Uribe Fotografo
La terrasse de l’hôtel et sa piscine chauffée dominent le quartier d’affaires de Mexico DF

En célébrant ainsi l’inauguration du NH Collection Mexico City Reforma, l’hôtelier espagnol envoie un message clair au marché : sa position en Amérique sera appelée à se renforcer dans les années à venir, en accordant une attention particulière à l’enseigne NH Collection. « Nous sommes vraiment fiers d’être aujourd’hui à Mexico pour présenter l’un de nos produits les plus ambitieux », se félicitait d’ailleurs Ramón Aragonés, Directeur général de NH Hotel Group, devant la presse régionale et internationale réunie le 19 octobre à Mexico. « L’arrivée de notre marque NH Collection en Amérique Latine prouve notre engagement stratégique dans cette région où nous prévoyons de grandir (…). Nous aspirons à incarner votre choix d’hôtel, que vous prévoyiez une visite de la ville ou une réunion, que ce soit pour affaires ou pour le tourisme », a-t-il ajouté.

Quatre autres représentants latino-américains de l’enseigne sont déjà “dans les tuyaux”. Ils ouvriront leurs portes d’ici 2018 au Mexique et au Chili – et même dès le mois de novembre pour celui de Léon, au Mexique -,  et rejoindront une “Collection” déjà composée de 19 établissements en Amérique latine, de l’Argentine à l’Equateur, du Chili à la Colombie. A elle seule, la capitale mexicaine totalise déjà trois représentants : outre Reforma, l’enseigne haut de gamme est présente dans le quartier de Santa Fé et sur le Terminal 2 de l’aéroport international.

Réunions et patrimoine : l’histoire revisitée

En se réunissant au château de Guermantes, c’est à la recherche d’un temps lointain que se lancent les entreprises, celui du Grand Siècle et de ses fastes. Cependant, à côté de ses dorures et de ses plafonds peints, le lieu géré par Chateauform’ dispose de tout l’équipement high-tech pour des réunions ancrées dans la modernité.
En se réunissant au château de Guermantes,c’est à la recherche d’un tempslointain que se lancent les entreprises,celui du Grand Siècle et de ses fastes.Cependant, à côté de ses dorures et deses plafonds peints, le lieu géré parChateauform’ dispose de tout l’équipementhigh-tech pour des réunionsancrées dans la modernité.

Une porte ouverte sur l’émotion. Nichée dans le cloître du Couvent Royal de Saint-Maximin, les séminaristes d’un jour – tous des cadres de grandes entreprises dans le monde profane – l’empruntent en silence pour entrer dans la basilique Sainte-Marie-Madeleine. Bougie en main, ils cheminent à pas lents dans la nef du plus bel édifice gothique de Provence, à peine éclairée par un doux clair-obscur. Soudain, les orgues se mettent à résonner pour un concert privé d’un quart d’heure. “Ils ressortent de là avec la chair de poule, comme pétrifiés”, raconte Olivier Gourio, directeur général d’Hôtels & Patrimoine.

Fruits de sa longue histoire, la Vieille Europe fourmille de lieux qui, à l’image de cet ancien couvent reconverti, se tournent vers l’hôtellerie pour se donner un nouvel avenir, ajoutant aux réunions qui y sont organisées un très net supplément d’âme. Soit parce qu’ils touchent à l’intime ou au contraire à la convivialité, ces lieux historiques sont la clé de voûte d’événements mémorables. “Les organisateurs aiment donner une envolée lyrique à leurs événements, souligne Béatrice Bonnet, directrice commerciale, marketing et communication de Chateauform’. Un lieu chargé d’histoire, ça marque les esprits, ça crée de l’émotion. Alors que, bien souvent, en ville, les participants ne se souviendront pas du nom de l’hôtel où s’est tenue leur réunion, même si celui-ci est de très bonne facture. Pour l’entreprise, organiser un beau séminaire dans un bel endroit, c’est une façon de reconnaître le travail de ses employés, de les valoriser.

UN PASSÉ TRÈS PRÉSENT

Dans tous ces lieux, les organisateurs trouvent une offre dans l’air du temps. Car, paradoxalement, le passé n’a jamais été autant d’actualité. Sorti de son cadre de travail, le voyageur d’affaires, est un homme ou une femme comme tout le monde. Et qui n’échappe pas à l’engouement grandissant pour le temps jadis, entre soif de culture et parfum de nostalgie. On le constate chaque jour en regardant les kiosques à journaux ou en consultant les grilles des chaînes de télévision : l’histoire, ça plaît. Les grandes épopées des rois et des reines, autant d’ailleurs que leurs petites aventures, s’affichent à la une des magazines ; les journées du patrimoine et les reconstitutions médiévales façon Puy du Fou attirent les foules ; et les plus beaux villages comme les plus petites églises sont aujourd’hui vénérés comme des biens communs à conserver précieusement.

Près de Francfort, le Schlosshotel Kronberg, construit à la fin du XIXe siècle pour l’impératrice Victoria Friedrich, prête son cadre pour des événements chargés d’histoire.Près de Francfort, le Schlosshotel Kronberg, construit à la fin du XIXe siècle pour l’impératrice Victoria Friedrich, prête son cadre pour des événements chargés d’histoire.
Près de Francfort, le Schlosshotel Kronberg, construit à la fin du XIXe siècle pour l’impératrice Victoria Friedrich, prête son cadre pour des événements chargés d’histoire.
Oh le bel Hilton ! Sur l’île de Majorque, le resort Sa Torre sort des canons de la grande marque hôtelière sans se départir de son excellence business.Oh le bel Hilton ! Sur l’île de Majorque, le resort Sa Torre sort des canons de la grande marque hôtelière sans se départir de son excellence business.
Oh le bel Hilton ! Sur l’île de Majorque, le resort Sa Torre sort des canons de la grande marque hôtelière sans se départir de son excellence business.

EN COSTUME D’ÉPOQUE

Suivant cette tendance, Hôtels & Patrimoine s’est lancé dans la sauvegarde de lieux d’exception à la manière des paradores en Espagne ou des pousadas au Portugal, ces établissements de charme installés dans des palais, châteaux ou monastères. Le groupe attend, entre autres, l’ouverture en 2017 d’un hôtel de 23 chambres au sein de l’abbaye de Saint-Savin, classée à l’Unesco, et d’un établissement dans le prieuré de la Charité-sur-Loire, flanquée de son église du XIe siècle et sauvée en son temps de la démolition par Prosper Mérimée.

Ce groupe a déjà quelques belles réussites à son actif, à l’image du couvent royal de Saint-Maximin ou du fort de Sedan. Depuis qu’il s’est dédié à l’hébergement, le plus grand château fort médiéval d’Europe a réussi à attirer une clientèle nombreuse dans une ville longtemps restée à l’écart des circuits touristiques. Les groupes affaires trouvent là l’occasion de conjuguer réunions professionnelles et moments d’histoire. “À la fin du dîner, un garde en costume d’époque vient les chercher pour les guider lors d’une visite au flambeau du château fort, de ses remparts, de ses douves et de son musée”, explique Olivier Gourio.

De la même manière, dans le Tarn, l’abbaye de Sorèze, un ancien couvent bénédictin érigé sous Louis XVI en école militaire royale, est très appréciée par les cadres de l’industrie aéronautique toulousaine qui parcourent la soixantaine de kilomètres séparant la Ville rose de la montagne Noire pour participer à des séminaires entre vieilles pierres et grand vert. “Sa salle abbatiale a par exemple été transformée en amphithéâtre pour des conventions ou des lancements de produits”, explique Olivier Gourio.

Chapelles, réfectoires, bibliothèques, cloîtres, cellules des moines : les monastères, anciennement dédiés à l’hospitalité des ecclésiastiques, se convertissent très facilement en salles de réunions, en chambres et en restaurants. Pour autant, ces lieux hors du temps savent se mettre au goût de leur époque. “Un bâtiment ancien ne veut pas dire des outils de réunions antédiluviens, bien au contraire, raconte Béatrice Bonnet. Dans nos établissements, les traditionnels paperboards sont remplacés par des smartboards dotés de la technologie Click & Share. Les participants peuvent ainsi se rendre maîtres de l’écran en un clic. D’autre part, deux tiers de nos sites autour de Paris sont déjà équipés de fibre optique, le WiFi à haut débit étant aujourd’hui indispensable. Bien sûr, les architectes d’autrefois n’avaient pas envisagé cela. Alors, pour certaines de nos maisons où les murs sont très épais, nous étudions des solutions par satellite.

Comme son nom l’indique, Chateauform’ s’est lui aussi fait une spécialité, non seulement des formations d’entreprise, mais également de la métamorphose de demeures prestigieuses en lieux de séminaires, à l’image du palais abbatial de Royaumont, ouvert cette année et jouxtant la célèbre abbaye cistercienne proche de Chantilly, ou encore du château de Guermantes. Datant du XVIIe siècle, le starchitecte de l’époque, un certain Mansart, a participé à sa construction avec, côté jardin, une autre référence du design Grand Siècle, un non moins certain André Le Nôtre. Une histoire riche que les gérants des établissements se plaisent à mettre en valeur. “À leur arrivée, les participants trouvent sur le lit un fascicule expliquant le pourquoi du nom de leur chambre. Puis, pendant le dîner, le couple d’hôtes leur raconte l’histoire du lieu, dit encore Béatrice Bonnet. En parallèle, parmi les incentives que nous proposons, nous avons “le défi de la maison”, c’est-à-dire une chasse au trésor avec des énigmes amusantes qui, de fil en aiguille, font découvrir un riche patrimoine.

Le groupe Hôtels et Patrimoine entend donner une destination touristique à de hauts lieux de l’histoire de France, à l’image du château fort de Sedan (3) ou de l’abbaye de Sorèze (6), que les groupes affaires peuvent découvrir en toute intimité.Le groupe Hôtels et Patrimoine entend donner une destination touristique à de hauts lieux de l’histoire de France, à l’image du château fort de Sedan (3) ou de l’abbaye de Sorèze (6), que les groupes affaires peuvent découvrir en toute intimité.
Le groupe Hôtels et Patrimoine entend donner une destination touristique à de hauts lieux de l’histoire de France, à l’image du château fort de Sedan ou de l’abbaye de Sorèze, que les groupes affaires peuvent découvrir en toute intimité.
Récemment repris par Chateauform’, le palais abbatial de Royaumont a vu ses écuries reconverties en espace bien-être.Récemment repris par Chateauform’, le palais abbatial de Royaumont a vu ses écuries reconverties en espace bien-être.
Récemment repris par Chateauform’, le palais abbatial de Royaumont a vu ses écuries reconverties en espace bien-être.

Avec leurs grands parcs et leurs vastes salles intérieures, les beaux châteaux se prêtent autant aux réunions studieuses qu’aux moments de détente ludiques ; de grands espaces qui transportent les collaborateurs loin, très loin de l’atmosphère affairée de leur quotidien. Plus même que n’importe quel resort balnéaire, fût-il sublime, ils livrent aux participants une expérience que nulle réunion dans un cadre urbain ou, plus encore, que nulle solution de visioconférence ne saurait offrir. D’autant que les cadres surbookés, toujours entre deux réunions à préparer, ne prennent que rarement le temps de s’aérer le corps et l’esprit. “On le remarque lors des séminaires organisés dans nos établissements urbains parisiens. Dès l’événement terminé, les participants pensent avant tout à attraper le premier métro, constate Béatrice Bonnet. Or il faut prendre le temps de digérer et de s’approprier ce que les intervenants, les coachs ou les experts ont pu délivrer dans la journée. Sinon, on perd une partie de la richesse de la journée.” À l’inverse, lors de séminaires résidentiels, il n’est pas rare, le soir venu, qu’un des invités passe derrière le comptoir pour montrer ses talents de bartender, tandis que d’autres se mettent à la guitare ou au piano, créant ainsi une atmosphère décontractée, propice à des échanges mi-personnels mi-professionnels.

Le charme so british des manoirs britanniques, mais aussi une lignée prestigieuse : les premières traces du Dromoland Castle remontent au temps du premier roi d’Irlande, le mythique Brian Boru.Le charme so british des manoirs britanniques, mais aussi une lignée prestigieuse : les premières traces du Dromoland Castle remontent au temps du premier roi d’Irlande, le mythique Brian Boru.
Le charme so british des manoirs britanniques, mais aussi une lignée prestigieuse : les premières traces du Dromoland Castle remontent au temps du premier roi d’Irlande, le mythique Brian Boru.

Le groupe Hotels et PatrimoineLe groupe Hotels et Patrimoine

LA RÈGLE DES TROIS UNITÉS

Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli”. Depuis le XVIIe siècle, l’Art poétique de Boileau n’a pas pris une ride, et la règle des trois unités du théâtre d’antan s’applique aussi bien aux séminaires d’aujourd’hui. “Nous avons de nombreux hôtels de petite capacité qui peuvent entièrement se privatiser, remarque Yannick Gavelle, fondateur d’Hôtels et Préférence. C’est magnifique en matière d’ambiance pour les équipes, qui peuvent tout à coup se mettre à danser sans risque d’importuner d’autres clients. Au final, ils ont l’impression de passer un week-end chez des amis qui organisent une fête.” Parmi ces établissements adaptés aux réunions intimes et aux comités de direction, la Maison d’à côté, près de Chambord, fait vivre le sublime patrimoine de la région avec des visites privées de Chambord, Chenonceaux, Cheverny ponctuées de dîners étoilés composés par le chef Christophe Hay. De son côté, bâti en 1407 par Jéhan du Puy du Fou, le château Boisniard est partenaire du célèbre parc de loisirs vendéen. Antécédents obligent. Alors, qu’ils résident dans le château et ses chambres cinq étoiles ou encore dans de luxueuses maisons de bois construites sur pilotis pour étendre la capacité de l’hôtel, les participants aux séminaires profitent d’un accès VIP aux spectacles avec la possibilité, hors saison, de visiter les coulisses de la Cinéscénie ou de la fauconnerie.

Comme Hôtels et Préférence, ce sont surtout les chaînes volontaires – les grands réseaux mondiaux Relais & Châteaux, Leading Hotels of the World (LHW), Small Luxury Hotels (SLH), Preferred ou ceux à vocation plus régionale comme Symboles de France – qui portent haut les flambeaux du patrimoine historique revisité. Regroupant en leur sein des établissements indépendants sortant des standards classiques de l’hôtellerie affaires, leur offre se compose aussi bien de couvents espagnols ou de manoirs anglais que de palais italiens.

Impossible bien sûr de les citer tous, mais en explorer certains permet de feuilleter quelques belles pages d’histoire et d’images cartes postales. Ainsi, parmi ses derniers membres, SLH compte notamment le Château Le Cagnard, une demeure fortifiée du XIIIe siècle perchée face à la baie d’Antibes, en son temps dépendance du château construit à Cagnes-sur-Mer par Rainier Grimaldi, lointain ancêtre de la famille princière monégasque. Plus anciennement entré dans la collection SLH, le Schlosshotel Kronberg voit son histoire intimement liée à celle de l’impératrice Victoria Friedrich, fille aînée de la reine Victoria, femme de Friedrich III et mère du futur Guillaume II. Exemple d’architecture Tudor émigrée dans le paysage montagneux du Taunus, non loin de Francfort, ce lieu construit à la fin du XIXe siècle pour l’impératrice accueille aujourd’hui les groupes affaires jusqu’à 350 personnes. Des cadres studieux qui peuvent se réunir dans l’ancienne bibliothèque ou les salons royaux et déambuler dans les couloirs d’une maison décorée d’authentiques Titien, Rubens ou Gainsborough. Dans le parc, aux beaux jours, la “grotte de l’impératrice” s’anime lors de team buildings, de dîners de gala ou de barbecues décontractés, le tout bercé par le murmure d’une cascade.

De la même manière, le portefeuille de Relais & Châteaux héberge aussi bien le Château de Bagnols, une forteresse médiévale nichée au coeur des vignes du Beaujolais dont le Grand Salon fut fréquenté autrefois par Madame de Sévigné et qui se destine maintenant aux réunions, qu’un ancien hameau médiéval au coeur du Chianti, le Borgo San Felice, dont le château et ses dépendances, la chapelle et les chais ont été entièrement reconvertis à l’accueil des touristes loisirs et affaires.

C’était un village typique du Chianti, avec ses couleurs douces, sa végétation accueillante, son église romane et ses bâtiments médiévaux. C’est aujourd’hui un hôtel cinq étoiles, le Borgo San Felice.C’était un village typique du Chianti, avec ses couleurs douces, sa végétation accueillante, son église romane et ses bâtiments médiévaux. C’est aujourd’hui un hôtel cinq étoiles, le Borgo San Felice.
C’était un village typique du Chianti, avec ses couleurs douces, sa végétation accueillante, son église romane et ses bâtiments médiévaux. C’est aujourd’hui un hôtel cinq étoiles, le Borgo San Felice.
Dans le cloître du Couvent Royal de Saint-Maximin, une porte conduit à la basilique sainte Marie-Madeleine, où les groupes peuvent apprécier des concerts d’orgue privés. Émotion garantie.Dans le cloître du Couvent Royal de Saint-Maximin, une porte conduit à la basilique sainte Marie-Madeleine, où les groupes peuvent apprécier des concerts d’orgue privés. Émotion garantie.
Dans le cloître du Couvent Royal de Saint-Maximin, une porte conduit à la basilique sainte Marie-Madeleine, où les groupes peuvent apprécier des concerts d’orgue privés. Émotion garantie.
Le cadre historique d’Ashford Castle a accueilli tous les grands de ce monde.Le cadre historique d’Ashford Castle a accueilli tous les grands de ce monde.
Le cadre historique d’Ashford Castle a accueilli tous les grands de ce monde.

LES GRANDS DE CE MONDE

Si, au cours de leur histoire, les campagnes italienne et française se sont couvertes de nobles résidences, l’aristocratie des îles Britanniques laisse également en héritage de riches demeures qui font les beaux jours des chaînes volontaires. Membre de Leading Hotels, Ashford Castle a vu passer tous les grands de ce monde. Cette sublime demeure médiévale, dont les fondations remontent à 1228, a été récemment rénovée, dotée de quelques nouveautés comme un cinéma de 32 sièges, mais aussi, dans un style plus intemporel et so british, d’une salle de billard et d’une terrasse où fumer le cigare en contemplant le vaste domaine où les groupes affaires peuvent pratiquer une multitude d’activités sportives et même s’initier à la fauconnerie.

La grande nature, que ce soit à travers cet art royal de la chasse, le tir au pigeon ou à l’arc, la pêche, des balades à vélo ou à cheval, est aussi au programme du Dromoland Castle. Si la construction du château, un des plus fameux d’Irlande, a commencé au XVIe siècle pour être ensuite agrandi et remodelé au XVIIIe et XIXe, ses premières traces remontent au roi Brian Boru qui chassa les Vikings et unifia l’île peu après l’an Mil. Le centre de conférences, d’inspiration gothique, lui est d’ailleurs dédié. Sans forcément avoir en mémoire ses hauts faits d’armes, plus de 400 personnes peuvent se réunir sous les hauts plafonds du Brian Boru Hall, aussi bien lors de grandes conventions que des lancements produits ou des défilés de mode.

Ce lieu illustrant la mythique histoire du premier roi d’Irlande participe au prestige de la bien nommée Legend Collection de Preferred Hotels. La chaîne d’origine américaine propose aussi d’autres fleurons comme Il Salviatino, une villa patricienne de Fiesole, ou le Grand Hotel Convento di Amalfi, qui fait partie de la déclinaison Lux de l’enseigne.

Comme les autres grandes chaînes volontaires Leading Hotels of the World, Relais et Châteaux ou Small Luxury, Preferred dispose de plusieurs joyaux comme Il Salviatino, une ancienne demeure patricienne près de Florence.Comme les autres grandes chaînes volontaires Leading Hotels of the World, Relais et Châteaux ou Small Luxury, Preferred dispose de plusieurs joyaux comme Il Salviatino, une ancienne demeure patricienne près de Florence.
Comme les autres grandes chaînes volontaires Leading Hotels of the World, Relais et Châteaux ou Small Luxury, Preferred dispose de plusieurs joyaux comme Il Salviatino, une ancienne demeure patricienne près de Florence.
Les groupes hôteliers ont aussi leurs pépites. Au Portugal, le Convento do Espinheiro (2) est un membre éminent de la Luxury Collection de Starwood Hotels. De son côté, le Convento di Amalfi fait partie de NH Hotels.Les groupes hôteliers ont aussi leurs pépites. Au Portugal, le Convento do Espinheiro (2) est un membre éminent de la Luxury Collection de Starwood Hotels. De son côté, le Convento di Amalfi fait partie de NH Hotels.
Les groupes hôteliers ont aussi leurs pépites. Au Portugal, le Convento do Espinheiro est un membre éminent de la Luxury Collection de Starwood Hotels. De son côté, le Convento di Amalfi fait partie de NH Hotels.
Convento do EspinheiroConvento do Espinheiro
Convento do Espinheiro

BEAUTÉ DIVINE

Preuve que la désacralisation ne date pas d’hier, cet ancien monastère cistercien du XIIIe siècle a accueilli ses premiers touristes en 1885. Tandis que son cloître de style arabo-normand, son église baroque et sa loggia se destinent aujourd’hui aux événements, sa “passeggiata dei monaci” – le passage des moines – ajoute au charme du lieu. Bordée d’un jardin méditerranéen, la promenade domine toute la côte. Et l’on imagine facilement toutes les heures que les moines ont passé là, à méditer devant la divine beauté d’un cadre naturel classé aujourd’hui à l’Unesco.

Cependant, avant d’être membre de Preferred, le Grand Hotel Convento di Amalfi fait surtout partie du groupe espagnol NH Hotels. Car, qu’on ne s’y trompe pas, l’âme et le charme ne sont pas l’apanage des seules chaînes volontaires. Les grands groupes hôteliers ont tous dans leur portefeuille quelques pépites des temps anciens. Par exemple, à quelques kilomètres d’Evora, dans l’Alentejo portugais, le Convento do Espinheiro, membre de la Luxury Collection de Starwood, revisite avec délicatesse un ancien monastère du XVe siècle, le cloître, le réfectoire, l’église, les stèles des moines étant restés quasiment dans leur jus.

De la même manière, le Hilton Sa Torre Mallorca Resort, sur l’île de Majorque, s’est installé dans une noble finca du XIVe siècle, dont la chapelle aujourd’hui désacralisée accueille toutes sortes de manifestations. Perdue dans la campagne, annoncée par un moulin à vent du XVe siècle, elle célèbre le passé, tout juste relevé par une foison d’oeuvres d’art contemporain. Un lieu loin de l’image très business-business que véhicule le groupe Hilton. Et, au fond, c’est tant mieux.

Fournisseurs : groupes hôteliers vs Booking.com

Groupes hôteliers vs Booking.com

Booking or not Booking ? Il semble que, pour les cadres des petites entreprises – et même de grandes sociétés – le géant de la réservation d’hôtels en ligne Booking.com soit bien plus qu’une alternative à toutes les solutions sur le marché. Alors qu’un client sur cinq réserve sur le site dans le cadre d’un déplacement professionnel, Booking a lancé l’an dernier son offre “Booking Business”, proposant des réductions allant jusqu’à 10 % sur une sélection d’établissements affaires, tout en offrant aux gestionnaires la possibilité d’avoir un reporting sur les dépenses des collaborateurs.

Si la place des agences de voyages en ligne – les OTA – n’est plus à démontrer, du côté des groupes hôteliers, la volonté de remettre la main sur leurs clients n’a jamais été aussi forte. D’autant qu’ils ont été aidés en cela par les autorités de la concurrence qui, de par le monde, se montrent plus contraignantes vis-à-vis de Booking et consorts. Ainsi, en France, depuis juillet 2015 la loi Macron a rendu leur liberté tarifaire aux hôteliers. “Les récents changements de la réglementation sont une bonne nouvelle pour le client et signifient que plus de groupes hôteliers sont maintenant capables de garantir à leurs clients le tarif le plus bas”, souligne Sarah Willingham, spécialisée dans la défense des consommateurs.

Fidélité récompensée

Et pour cela, ils ont un atout en main : leur programme de fidélité. Depuis septembre 2015, les membres du Club AccorHotels bénéficient de réductions de 5% à 10% sur les réservations en ligne. En février dernier, Hilton Worldwide a également lancé une campagne marketing au nom on ne peut plus clair : “Stop Clicking Around”. Arrêtez d’aller cliquer à gauche, à droite… À travers cette offre, les membres du programme HHonors ont droit à des réductions exclusives. Mais à une condition toutefois : passer par les canaux du groupe hôtelier. “C’est une fausse idée de croire que les intermédiaires offrent toujours nos chambres au prix le plus bas”, explique Mark Weinstein, directeur global Fidélisation de Hilton Worldwide.

Le groupe américain a été rapidement imité par ses confrères anglo-saxons. Aussi bien Marriott International, avec la campagne It Pays to Book Direct, qu’Hyatt Hotels et Choice Hotels ont dégainé à leur tour leurs tarifs préférentiels. En mai, IHG s’est joint au mouvement avec le lancement global de Your Rate by IHG Rewards Club, promettant les meilleurs tarifs à ses membres du programme de fidélité, qu’ils passent en direct ou via des canaux de réservation avalisés par le groupe, les grandes agences de voyages d’affaires en particulier.

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Low cost long courrier : WOW Air se renforce à Paris

WOW air renforce son offre entre Paris CDG et Reykjavik. A partir du 27 mars 2017, la compagnie low-cost islandaise passera en biquotidien depuis Paris en mars 2017, soit un vol supplémentaire décollant en soirée. D’autres lignes vers Londres Gatwick et Amsterdam Schipol verront aussi leur fréquence passer à deux vols quotidiens.

Ce passage à deux dessertes quotidiennes renforcera les opportunités de vols en correspondance à prix serrés vers l’Amérique du Nord, puisqu’en parallèle, WOW Air étoffera son offre vers la Californie. De cinq par semaine, les vols vers San Francisco passeront à sept, soit un vol quotidien, tandis que la liaison vers Los Angeles deviendra elle aussi quotidienne au printemps prochain, avec l’ajout de trois vols supplémentaires par semaine.

Skúli Mogensen, fondateur et PDG de WOW air, a commenté: “Paris est un marché majeur pour nous et les résultats suite à l’ouverture de nos nouvelles liaisons transatlantiques cette année ont été extrêmement positifs. C’est ce qui nous permet aujourd’hui d’augmenter nos fréquences depuis Paris et de continuer à transformer le paysage des voyages low-cost transatlantiques.”

Dans ce cadre, la compagnie, qui propose des liaisons de Reykjavik vers Boston, New York et Washington sur la côté Est des Etats-Unis, ainsi que Montreal et Toronto au Canada, ajoutera au printemps prochain une huitième destination en Amérique du Nord avec Miami.

En parallèle, WOW Air qui, outre Paris CDG, dessert également Lyon et Nice en France, poursuit l’expansion de sa flotte. Elle devrait opérer 17 Airbus d’ici la fin de l’année prochaine, grâce notamment à la commande de quatre Airbus A321, livrés pour deux d’entre eux en 2017 et les deux appareils restants en 2018.