Amsterdam : destination Européenne n°1 pour célébrer le Nouvel An

Tout d’abord côté ski, c’est Gérardmer qui arrive en tête suivi des stations La Bresse (7ème position), Super-Besse (14ème position), Cauterets (15ème position) et Les Rousses (16ème position).

Ensuite, les stations Villard-de-Lans et Valberg, en 19ème et 20ème position, clôturent ce top 20. Par ailleurs, plusieurs destinations de bord de mer se classent parmi le top 20 des destinations les plus recherchées.

Le Touquet-Paris-Plage (5ème position), Deauville (6ème position), l’Ile-de-Ré (12ème position) ou encore La Baule (17ème position). Les amateurs, d’un plateau de fruits-de-mer pourront ainsi se faire plaisir le soir du 31 !

Enfin, direction Colmar et Bruges, en 10ème et 11ème position respectivement, pour profiter des dernières installations et illuminations de Noël. Ambiance de fin d’année assurée !

Méribel : on ne part plus aux sports d’hiver… on va à la montagne !

Et si le ski c’est pas votre tasse de thé, alors choisissez l’atelier de yoga en plein air pour ré-apprendre à vivre dehors, à profiter de l’air qu’on respire et à pratiquer un yoga fluide au cœur de la Nature préservée.

Sinon il y a l’atelier massages assis AMMA à la Galerie des Cimes, initiation à l’escalade sur le mur du Parc Olympique, animations proposées par la Maison du Parc National de la Vanoise (autour de la nature et des animaux), cinéma, après-midis enfants au Bowling, gala de patinage et initiation au Hockey…

Le Yéti Park a ouvert l’hiver dernier. Situé le long de la piste débutante Little Himalaya, il fait entrer vos enfants dans le monde merveilleux de Yooni le Yéti : une aire de jeux immense composée de grotte, whoops, trompettes, tunnels et autres zen camp. Cet hiver, Yooni propose encore de belles surprises : toboggan, tyrolienne, igloos…

Contes, jeux, activités manuelles, Kapla, Playmais, livres, concours de dessins, et plein de surprises encore. Gratuit ouvert à tous. Au programme des activités et des ateliers : bébé gym, parachute, petit parcours du lapin Kenotte, introduction à la détente et au yoga, chasse aux trésors, coloriages, bricolage et de loisirs créatifs.

En lien avec le thème de la semaine, les enfants repartent avec leur fabrication faite sur plusieurs jours si besoin. À partir de 4 ans, avec la participation des parents. Nombre limité à 6 personnes par atelier.

Une hôtellerie variée et de qualité à Santo Domingo

A Santo Domingo, tous les types d’hébergement sont disponibles et vous aurez vraiment l’embarras du choix. Pour dormir en bord de mer, rien de tel que le Malecón ! Le long de cette promenade mythique de la capitale, souvent animée par les locaux en soirée, se succèdent une multitude d’hôtels de chaînes internationales connues, généralement des 5 étoiles, où on retrouve le confort attendu dans les palaces.

Mais les amateurs de beaux édifices anciens préfèreront sans doute résider à l’hôtel Embajador, un établissement emblématique de Santo Domingo à la magnifique architecture classique et aux luxuriants jardins. C’est là que se déroule chaque année Dominicana Moda, la très attendue semaine de la mode dominicaine, qui a fêté ses 10 ans en 2015, une édition très spéciale dont le président d’honneur n’était autre que l’illustre créateur français Jean-Paul Gaultier !

Pour plus d’authenticité, dormir au quartier colonial est enfin une excellente option. De nombreux bâtiments coloniaux ont été restaurés ces dernières années puis transformés en Boutique hôtels. Le Billini Hotel est un bel exemple de cette réussite architecturale ; cet établissement aux lignes épurées mêle bien tradition et modernité. Le petit plus : sa piscine en terrasse qui donne sur les toits du quartier colonial.

Un quartier colonial inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO à Santo Domingo

L’histoire des Conquistadors se revit en flânant dans les rues de Santo Domingo. Le quartier de la vieille ville, la Zona Colonial, qui abrite de splendides bâtisses du XVIème siècle, vient d’être entièrement restauré. Largement piétonnier, c’est un incontournable de la ville. Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 1990, il compte la première cathédrale, Santa María de la Encarnación, le premier hôpital, San Nicolás de Bari, et la première université du Nouveau Monde ainsi que de nombreuses églises. Expositions photos, galeries d’art, la ville possède le plus grand nombre de musées des Caraïbes et d’Amérique Centrale. Parmi les plus connus : le Musée d’Art Moderne, le Musée de l’Homme Dominicain, le Musée du Monde de l’Ambre et le Théâtre National.

Mais à Santo Domingo, la modernité n’est jamais loin, même au cœur du quartier colonial, comme le prouve une toute nouvelle attraction high-tech, The Colonial Gate 4D Cinema, lancée au printemps 2015 dans le centre historique. C’est le premier cinéma 4D de République Dominicaine. Il présente un petit film d’animation en 4D qui revient sur un épisode douloureux de l’histoire de Santo Domingo, à savoir la prise de la ville par l’impitoyable Sir Francis Drake en 1586. Sensations garanties !

Un Hard Rock Café « made in Marseille » ouvrira fin 2014

Après trois ans de recherche, Hard Rock Café ouvrira son enseigne marseillaise à la fin de l’année 2014, sur le cours d’Estienne d’Orves. Ce lieu a été choisi pour son côté historique.

Les 1600 m² de surface prendront la place d’une ancienne boulangerie sous Louis XIV, et se prolongeront sur une terrasse de 100 m² qui agrandira la place.

« Nous pensons que c’est le meilleur emplacement dans Marseille. Nous voulons créer un dialogue avec les lieux, avec les habitants tout en y rajoutant du rock » déclare Yves Pleindoux, Président de la SAS Rock Square et franchisé de Hard Rock International.

Un investissement global de 6 millions d’euros aura été nécessaire pour parvenir à l’ouverture, mais des retards sont déjà annoncés.

« Nous comptons ouvrir à la fin de l’année, mais nous avons un peu de retard, à Noël cela devrait être possible. La partie événementielle ouvrira en 2015, nous devons restaurer les voûtes », ajoute Yves Pleindoux.

Franche Comté : Ronchamp, un projet « piano piano »

Vient-on à Ronchamp par piété religieuse ou par goût de l’architecture ?

Les deux, probablement, et sans doute l’un et l’autre vont-ils profiter de l’élan donné par le projet de l’association des Œuvres de Notre-Dame-du-Haut, présidée par Jean-François Mathey.

Un projet « fou », celui d’intégrer dans la colline, au sommet de laquelle trône la chapelle, un couvent.

Il ne se construit pas de monastères en France tous les quatre dimanches.

Demander, en plus, à une star de l’architecture mondiale d’en réaliser un, est encore plus rare.

« Pourquoi pas, mais je suis débordé, il faut attendre huit ans », aurait répondu Piano, quand Jean-François Mathey a pris contact avec lui, en 2005.

Pas gagné, alors qu’une sorte de consensus s’était fait sur son nom, car « nous savions comment il avait réussi ailleurs à intégrer ses projets dans le paysage ».

Basile Boiffils, Architecte, cabinet J+H Boiffils

Basile Boiffils

Comment votre cabinet a-t-il participé au projet du EMQuartier ?

Basile Boiffils – L’histoire de notre agence avec la Thaïlande a commencé en 1994. Mme Supaluck Umpujh, la cliente qui a réalisé EMQuartier, avait alors engagé une consultation internationale pour le premier mall de luxe à Bangkok, l’Emporium. Mes parents ont remporté la compétition, et, dès son ouverture en 1997, le projet a été un grand succès, changeant complètement la face du quartier de Sukhumvit, alors très peu développé. En 2001, lorsqu’elle a entamé les études pour le mall Siam Paragon, cette cliente a à nouveau fait appel à notre agence.

En quoi l’EMQuartier se distingue-t-il des autres malls de Bangkok ?

B. B. – EMQuartier constitue le prolongement de l’Emporium, avec trois bâtiments qui forment l’un des plus importants lieux de commerce de la ville. Relié par le métro et des passerelles à l’Emporium, il abrite 400 marques haut de gamme, des restaurants, des bureaux, des salles de réception et une rue piétonne en extérieur, comme en Europe. Le thème de la nature y est décliné grâce au jardin de 3 000 m2 en terrasse, avec vue panoramique sur la ville. Le lustre végétal de l’EMQuartier, réalisé en collaboration avec Patrick Blanc, est une performance inouïe. Pour autant, EMQuartier n’est pas « vert » au sens où nous l’entendons en Europe. La réduction de l’énergie n’est pas encore une priorité malgré nos incitations. Mais les mentalités changent.

À lire dans le dossier DOSSIER BANGKOK – Résolument high-tech

  • Bangkok : l’ère de l’innovation
  • Amarit Charoenphan, fondateur du coworking et incubateur HUBBA
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  • Basile Boiffils, Architecte, cabinet J+H Boiffils
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Bangkok : l’ère de l’innovation

Le voyageur de retour à Bangkok après quelques années d’absence se pose forcément la question : la circulation était-elle aussi dantesque à l’époque ? La réponse est non. Certes, il y a dix ans, il y a cinq ans même, les fameux taxis roses roulaient déjà au pas sur certaines grandes artères, mais pas à ce point. Prévoir deux rendez-vous dans la même journée dans la capitale thaïlandaise est aujourd’hui devenu carrément périlleux. La métropole rafle en 2016 la seconde place sur la liste des villes les plus embouteillées au monde après Mexico et loin devant Sao Paulo. C’est dire !

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Si Bangkok investit dans ses transports en commun, l’essor économique du pays se matérialise par une croissance folle du parc automobile. Avec, par voie de conséquence, une circulation ultra dense dans un entrelacs d’autoroutes urbaines et de longues avenues. © Ludovic Maisant

La cause de ce classement peu flatteur : un réseau de transports en commun encore trop limité, bien qu’en restructuration, et une classe moyenne en plein essor. En effet, soutenu par une croissance annuelle d’environ 3 %, la Thaïlande a vu son taux de pauvreté chuter de 40 % avant les années 2000 à 10 % aujourd’hui.

Le premier résultat de cette poussée de la classe moyenne a été l’accès à la voiture, avec pour conséquence une augmentation vertigineuse du parc automobile en très peu d’années.

Une autre raison explique cette concentration aussi humaine qu’automobile. De la même manière que Paris, Bangkok reste le centre décisionnel politique et économique du pays, faisant de cette métropole une ville en perpétuel développement. « En quelques années, elle est passée de 10 à 12 millions d’habitants, et ses limites ne cessent d’être repoussées« , explique Jean-François Goumy, directeur pays Thaïlande, Laos et Myanmar de Business France.

Cette extension du domaine de la ville a incité le gouvernement et les autorités locales à investir dans les infrastructures. Ce sont 400 milliards de baths – soit environ 10 milliards d’euros – qui sont ainsi consacrés à l’ouverture de trois lignes de métro, deux aériennes et une souterraine. Alors que le réseau n’est constitué actuellement que de 85 km, il devrait atteindre les 300 km d’ici 2029. Avec une bonne nouvelle pour les voyageurs d’affaires : les deux aéroports de la ville – le hub international Suvarnabhumi et la plate-forme domestique Don Mueang – se verront bientôt connectés au centre de la capitale.

Repousser ses frontières

« Il y aura également des prolongements et le réaménagement de lignes déjà existantes« , poursuit Jean-François Goumy. L’ouverture de nouvelles stations éloignées du centre aura pour effet bénéfique de restructurer une ville dont la planification territoriale a toujours été pour le moins lacunaire.

À terme, ces poches de réhabilitation urbaine devraient donner à la mégapole thaïe une certaine unité. Une évolution d’autant plus importante que Bangkok est une ville en continu, qui ne connaît pas les concepts de banlieue ou de périphérie et rejoint peu à peu les villes avoisinantes, notamment Samut Prakan. Située sur la côte au sud de Bangkok, dans la zone la plus industrialisée de toute la Thaïlande, la province de Samut Prakan compte près de 1,3 million d’habitants. « Lorsqu’on sort de Bangkok et qu’on longe la côte, on entre dans une zone industrielle ininterrompue, englobant en particulier un grand centre de production automobile », renchérit Maël Guiheneuf, conseiller export auprès de Business France Bangkok.

Quinzième producteur mondial de véhicules, deuxième après les États-Unis pour ce qui concerne les pick-up, la Thaïlande ne possède pourtant aucune marque en propre. Le pays accueille en revanche la plupart des grands noms américains et japonais, de Ford à Toyota. Les Français, bien qu’absents dans le domaine de la production, s’illustrent surtout en tant qu’équipementiers. Michelin est même omniprésent en Thaïlande, où prospère la culture de l’hévéa, « l’arbre à caoutchouc ».

Côté ressources, le pays possède aussi d’importantes réserves pétrolières et gazières, la septième plateforme de traitement pétrochimique la plus importante au monde étant d’ailleurs implantée à proximité de la ville de Rayong, dans le golfe de Thaïlande. Ce qui explique qu’un projet d’axe ferroviaire sino-thaï, qui relierait la région à la Chine, soit actuellement à l’étude.

Bangkok, ville tentaculaire, gagne du terrain tant vers la mer que vers les terres. Grues, chantiers, tours en construction en constituent aujourd’hui l’horizon. Son nouveau symbole, la tour MahaNakhon – surnommée tour Pixel en raison des blocs carrés qui semblent se détacher de ce long ruban architectural – a été inaugurée cet automne. Le groupe français Bouygues a largement contribué à la construction de cet édifice, aujourd’hui le plus haut – le plus luxueux aussi – de Thaïlande avec 314 mètres et 77 étages. Parallèlement, de nouveaux malls fleurissent chaque année sous l’entrain consumériste des nouvelles classes moyenne et supérieure. Récemment dévoilés, les centres commerciaux Siam Discovery et EMQuartier rivalisent avec des malls plus anciens, qui ont été reliftés en prévision de cette nouvelle concurrence. Les berges du fleuve Chao Praya profitent également de ce grand désir de renouveau. Un projet mixte public-privé est en train de voir le jour. On vend sur plan des condominiums de luxe dans d’immenses tours d’habitation d’un futurisme ostentatoire, on projette d’aménager des promenades le long de la rivière. Mais le joyau des rives du Chao Praya sera sans aucun doute le nouveau parlement, en cours de construction et qui devrait être achevé en 2019.

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Bangkok organise un dialogue entre les époques avec des temples centenaires ça et là, comme le Wat Suan Phlu, et derrière un gratte-ciel. Ici, la State Tower, achevée en 2001, quand la ville commençait à gagner en hauteur. © Ludovic Maisant

Bangkok bouge. Ses quartiers s’étendent et se transforment, malgré un plan d’aménagement du territoire parfois un peu anarchique. « La Thaïlande n’est plus considérée comme un pays en développement« , reprend Jean-François Goumy, directeur de Business France. Principal producteur agroalimentaire en Asie du Sud-Est, premier producteur mondial de manioc et deuxième de canne à sucre, le pays offre des ressources que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, que ce soit en Malaisie ou à Singapour. Mais c’est surtout le secteur industriel (45 % du PIB) qui permet au pays de s’affirmer comme un des piliers de la communauté économique de l’ASEAN, le marché commun en train de se mettre en place entre les pays d’Asie du Sud-Est.

La Thaïlande n’est donc plus un pays émergent, mais bien plutôt un pays à mi-parcours. Et qui se met résolument à la page high-tech. « Aujourd’hui, la technologie devient cruciale en Thaïlande, et l’on remarque le développement de start-up aussi pointues qu’à Paris, Londres, New York ou San Francisco« , reprend Maël Guiheneuf. Le phénomène s’est développé avec une rapidité extravagante. En effet, les espaces de coworking étaient absents du paysage bangkokais jusqu’en 2012, année où a été lancé Hubba (voir interview d’Amarit Charoenphan). Depuis, le concept a fait florès. L’espace de coworking The Hive attire une population jeune et avide de lancer sa propre entreprise. « C’est un phénomène nouveau qui rallie de jeunes Thaïs très qualifiés et beaucoup d’étrangers pour qui la Thaïlande représente des opportunités qu’ils n’auraient pas pu trouver ailleurs« , conclut Maël Guiheneuf. Si le digital est encore en phase d’expansion, le e-commerce est déjà en passe d’exploser.

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A côté de son secteur industriel, la Thaïlande mise sur l’innovation. Alors que le pays ne comptait jusqu’en 2012 ni espace de coworking, ni start-up high-tech, Bangkok voit apparaître tout un écosystème créatif s’appuyant sur une jeunesse ultra connectée. © Ludovic Maisant
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Face au FYI Center, la sculpture Mr. and Mrs Sparks, du designer local Satit Kalawantavanich. Cette œuvre s’inscrit tout à fait dans le concept de ce nouvel immeuble de bureau qui se veut à la fois business et créatif. © Ludovic Maisant
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La Thaïlande a dépassé le statut de pays émergent et cela transparaît dans la façon dont elle achète. Bangkok voit ainsi fleurir de nouveaux hauts lieux du shopping luxueux comme l’EMQuartier. © Ludovic Maisant
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Le Bangkok Art and Culture Centre (BACC) met en valeur la vitalité de l’art contemporain thaï. © Ludovic Maisant
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Après le Bangkok Art and Culture Centre en 2008, la scène culturelle de la capitale thaïlandaise a été complétée en 2012 par l’ouverture du musée d’art contemporain (MOCA), diffusant un esprit créatif qui réagit sur les milieux d’affaires. © Ludovic Maisant

Seul frein : une situation politique incertaine renforcée par le décès du roi Bhumibol Adulyadej le 13 octobre dernier à l’âge de 88 ans, après 70 ans de règne, clôt un chapitre dans l’histoire de la Thaïlande. Adoré comme un demi-dieu, il faisait office de ciment d’un pays régulièrement agité par les coups d’État, le dernier en date remontant à mai 2014 avec le renversement de Yingluck Shinawatra, sœur de l’ex premier ministre Thaksin, ancien chef de l’opposition et en exil.

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Le décès en octobre du roi Bhumibol Adulyadej, sur le trône pendant 70 ans et adoré comme un demi-dieu, a été un choc énorme pour le peuple thaï. © Ludovic Maisant

Le décès du monarque pourrait générer quelques incertitudes, même si la stabilité du pays semble bien assise. L’actuel premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha, qui tient d’une main de fer le pays, veille à la transition vers une démocratie redéfinie très largement par les militaires. Le régime a fait adopter une nouvelle constitution par référendum en août dernier avec des élections prévues en décembre 2017, et ce, malgré un deuil national d’un an. Un régent a été nommé en attendant que le futur roi Rama X – le prince héritier Maha Vajiralongkorn – monte sur le trône. Moins populaire que son père, il bénéficie du soutien des militaires, ce qui permet de rassurer les milieux économiques. Car, malgré le chagrin de la population, c’est « business as usual » dans le pays, les entreprises n’ayant été astreintes qu’à un seul mois de deuil.

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Arpentant les trottoirs avec leur bric à brac, les marchands ambulants font le charme de Bangkok, le tout dans un bouillonnement typiquement asiatique. © Ludovic Maisant

Au-delà de la question politique, l’enjeu actuel pour la Thaïlande est de passer à l’ère de l’innovation afin de proposer des produits à forte valeur ajoutée et d’éviter la concurrence des pays voisins comme le Vietnam, dont la main d’œuvre reste moins chère. Ainsi, le gouvernement met en œuvre de nouvelles stratégies favorisant les start-up. Le terrain est largement préparé puisque les Thaïs naviguent avec ardeur sur les réseaux sociaux et plus de la moitié d’entre eux possèdent un téléphone portable.

Pour aller plus loin, il faut maintenant des fonds. Ainsi, 570 millions de dollars viennent d’être débloqués par le gouvernement afin d’aider les 2 500 jeunes pousses déjà existantes à prendre leur envol et soutenir l’émergence de nouvelles. Uttama Savanayana, le ministre de la Communication, espère que, d’ici deux ans, le nombre des start-up s’élèvera à 10 000. La Thai Tech Start-up Association entend guider le gouvernement vers des réformes qui pourraient favoriser cet écosystème naissant… « Bangkok est ce qu’on appelle une ville chinoise« , confie Sukanya Uerchuchai, directrice de la chambre de commerce franco-thaïe. « Au début du communisme, une importante diaspora s’est installée ici et a développé des activités commerciales. Alors, nous avons le sens des affaires« , sourit-elle, parfaitement confiante en l’avenir de sa ville.

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Amarit Charoenphan, fondateur du coworking et incubateur HUBBA

Amarit Charoenphan
Amarit Charoenphan © Ludovic Maisant

le concept de coworking manquait en Thaïlande

Pourquoi avez-vous lancé le premier espace de coworking en Thaïlande ?

Amarit Charoenphan – J’ai lancé Hubba en juin 2012. À l’origine, j’avais pour projet de créer une entreprise depuis chez moi, mais je me sentais seul, démotivé déconnecté des autres. J’allais travailler dans des cafés, mais le WiFi n’était pas toujours très bon, les sièges pas très ergonomiques, l’environnement plutôt bruyant… Ainsi, j’ai compris que le concept de coworking manquait cruellement en Thaïlande. C’est comme ça que l’idée est née.

Quel est le concept de Hubba et qu’est-ce que ça veut dire ?

A. C. – D’abord, le nom Hubba vient de « Hub », le mot anglais qui fait référence à certains aéroports ou grandes plateformes économiques et commerciales, et du mot thaïlandais « Ba », qui signifie « fou ». Ce que nous avons voulu créer, ce n’est pas seulement un bureau de rêve, extrêmement bien équipé et à des prix abordables pour les jeunes start-up, mais surtout un véritable esprit de communauté, de soutien et d’amitié. Nous partageons des opportunités d’affaires, nous nous rendons des services afin que nos entreprises rencontrent le succès.

Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

A. C. – Aujourd’hui, nous offrons déjà huit espaces à Bangkok, Chiang Mai, Vientiane, et bientôt ailleurs hors des frontières thaïlandaises. Notre objectif est de nous développer à travers l’Asie du Sud-Est.

Internet : hubbathailand.com

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Décideur : Alfred Ong, directeur général Europe, The Ascott Limited

DR
Alfred Ong, directeur général Europe du groupe The Ascott Limited

Comment réagissez-vous à l’évolution en cours dans le monde hôtelier ?

Alfred Ong – Le marché, dans son ensemble, est animé par de nouveaux acteurs, de nouvelles tendances de consommation et nous pousse à continuellement à rester en mouvement. Le fait d’être numéro un du marché de la résidence hôtelière ne garantit pas notre pérennité. Regardez ce qui est arrivé à Blackberry ou Kodak… Au tournant du siècle, les résidences s’étaient elles-mêmes inscrites en rupture avec l’hôtellerie traditionnelle. Aujourd’hui, les plateformes de l’économie collaborative jouent ce rôle “disruptif”. Bien sûr, c’est une nouvelle concurrence, mais d’une certaine manière, l’émergence d’Airbnb renforce aussi la perception de la clientèle sur l’offre résidentielle. Avant, il était parfois difficile d’expliquer aux voyageurs ce qu’était une résidence hôtelière. Maintenant, c’est beaucoup plus simple.

Quels sont les avantages des résidences hôtelières face à la concurrence des acteurs de l’économie collaborative ?

A. O. – Pour les voyageurs d’affaires, c’est d’abord une expérience de qualité et une offre homogène. Airbnb n’étant pas gestionnaire de son offre, le voyageur n’est pas sûr de pouvoir retrouver l’appartement qui lui a plu, soit parce qu’il est déjà réservé, soit parce que le loueur ne le met pas en ligne. À l’inverse, prenons l’exemple de Paris : nous y disposons de 14 Citadines et de trois établissements La Clef, tous bien situés, tous offrant une centaine d’appartements et tous proposant des services similaires. C’est une assurance pour les clients corporate.

nous venons de lancer la marque Lyf, destinée aux millenials

Quelle est votre réponse face aux attentes de la nouvelle génération de voyageurs ?

A. O. – Déjà nous avons formé un partenariat avec Tujia (NDLR : l’équivalent chinois d’Airbnb), duquel est né en Chine la marque Tujia Somerset. Nous sommes gestionnaires des établissements et eux apportent leur expertise technologique. Mais surtout, à la fin du mois, nous venons de lancer la marque Lyf, destinée aux millenials. Ce produit est spécialement conçu pour cette clientèle attirée par l’économie collaborative, des voyageurs jeunes de cœur ou d’esprit, des cadres nomades, des dirigeants de start-up. Cette marque leur sera entièrement dédiée et ne viendra pas empiéter sur le positionnement de nos autres marques Ascott, Citadines et Somerset, davantage destinées aux générations X ou Y. Ces établissements seront à la fois design, non standardisés et proposeront une multitude de possibilités d’interactions entre les résidents, des espaces coworking, par exemple. Le premier sera établi à Singapour, mais il est tout à fait probable que cette enseigne apparaisse aussi en Europe, que ce soit à Paris, Londres ou Milan, dans des quartiers attractifs pour les millenials.

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Quelles sont vos ambitions de développement à l’échelle mondiale ?

A. O. – De 48 000 appartements aujourd’hui, nous comptons passer à 80 000 en 2020. Et nous sommes en très bonne voie pour atteindre cet objectif. Nous avons un grand nombre de projets en cours en Asie, ainsi qu’au Moyen-Orient et en Europe. À Londres, par exemple, nous avons acheté un établissement dans le quartier d’Islington qui deviendra un Citadines en 2019. Malgré les incertitudes liées au Brexit, il y a toujours des opportunités sur ce marché, d’autant que la livre sterling est basse et que, par ailleurs, nous n’avons que sept résidences dans la capitale britannique, contre 17 à Paris. Cela fait partie de notre stratégie : renforcer notre offre là où nous sommes déjà présents. En Allemagne, nous avons des établissements dans les quatre villes principales et entendons aller plus loin. De même à Barcelone où nous n’avons qu’une résidence. Nous comptons aussi nous ouvrir à d’autres marchés comme Madrid, Vienne ou Amsterdam, mais aussi aux États-Unis. Nous avons fait l’acquisition de deux établissements à New York, actuellement gérés par le groupe Starwood, et qui pourraient devenir dans un futur proche des Citadines ou Ascott.

Votre attachement à la France reste-t-il toujours aussi fort ?

A. O. – Bien sûr. C’est d’ailleurs à Paris, capitale de la mode et du lifestyle, et non à Singapour que nous avons choisi de lancer notre Crest Collection, constituée de résidences cinq étoiles à l’esprit luxe et boutique. Deux résidences parisiennes La Clef en font partie et bientôt trois, puisque notre établissement La Clef Champs Élysées ouvrira ses portes en 2018. Nous avons aussi beaucoup investi dans l’actualisation et la montée en gamme de nos Citadines en Europe. 70% d’entre eux sont aujourd’hui rénovés. Depuis que nous avons acquis cette marque française d’origine en 2002, nous avons exporté son concept à travers le monde, l’Asie comptant déjà une trentaine d’établissements aujourd’hui.

Ses dates clés :
  • Né en 1963.
  • 1999-2004 : Directeur Général pour l’Indonésie et le Vietnam du groupe Ascott.
  • 2002-2007 : Directeur Général Australie, Nouvelle Zélande, Indonésie, Malaisie et Singapour.
  • 2007-2009 : Vice-président Opérations.
  • 2009 : Directeur Général pour l’Asie du Sud-Est et de l’Australie.
  • 2013 : Directeur Général en charge du développement stratégique et des opérations au Vietnam et en Inde.
  • Depuis 2014 : Directeur Général Europe