Le dynamisme du mouvement écologiste dans la société

La situation politique particulièrement difficile de EELV contraste singulièrement avec la vitalité du mouvement écologiste tel qu’il se déploie dans la société. Si l’on porte le regard sur les associations écologistes, les mobilisations citoyennes et l’opinion publique, l’image est très différente. Les indicateurs de cette vitalité sont nombreux, que l’on pense au développement du consumérisme politique, dont témoigne par exemple le succès des AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) et autres paniers paysans, à la vigueur des mouvements de rejet des grands projets d’aménagement, au développement des carrières professionnelles liées à l’environnement, ou encore au succès de films écologistes militants, comme Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Dresser cette liste suffit à illustrer la richesse et l’ampleur du mouvement écologiste : il est divers dans sa géographie, puisqu’il est dynamique dans les grands centres urbains, mais aussi certaines zones rurales ; il est divers dans les causes défendues et les répertoires d’action utilisés, dans les formes d’organisation adoptées ; il est aussi divers dans les profils sociologiques des citoyens engagés, ainsi que dans leur rapport au politique. Si la plupart des citoyens s’engagent par volonté de transformer le monde qui les entoure (en ce sens, leur engagement est politique), ils sont nombreux à avoir un rapport distancié, quand il n’est pas conflictuel, avec le champ politique institutionnalisé, les partis et les élections. Cette diversité explique en partie pourquoi EELV ne parvient pas (ou difficilement) à bénéficier du dynamisme de ce mouvement social. Elle explique également la difficulté des chercheurs en sciences sociales à dresser les contours exacts d’un mouvement qui est traditionnellement faiblement structuré, à l’instar de la plupart des nouveaux mouvements sociaux. On peut toutefois se faire une idée de la pénétration du mouvement écologiste dans la société en observant la prégnance des valeurs écologistes dans l’opinion.